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25 janvier 2012
Les grandes institutions culturelles de Bosnie-Herzégovine ferment leurs portes les unes après les autres

Depuis la fin 2011, il n’est plus possible d’aller visiter un musée à Sarajevo. Les grandes institutions culturelles de Bosnie-Herzégovine ferment leurs portes les unes après les autres faute de moyens. Elles s’en prennent aux pouvoirs publics, accusés de ne pas les aider suffisamment. Haris Pašović, célèbre réalisateur et directeur du East West Centar de Sarajevo, dénonce plutôt l’incurie et l’incompétence des administrations culturelles. Interview.

Depuis la fin de l’année 2011, l’annonce de la fermeture de plusieurs institutions culturelles fait grand bruit en Bosnie-Herzégovine. C’est notamment le cas de la Galerie nationale de Sarajevo qui, en dépit de donations étrangères très conséquentes au fil des années, a dû mettre la clé sous la porte et du Musée d’histoire, qui abrite des expositions permanentes retraçant le siège de Sarajevo et l’histoire de la Bosnie-Herzégovine à travers les siècles. Depuis plusieurs mois, le musée était privé de chauffage et les employés ne recevaient plus leur salaire, faute de financements suffisants. Le prochain sur la liste est le Musée national, connu pour ses riches collections archéologiques, ethnographiques et son jardin botanique.

Un réseau s’est formé et tente actuellement de venir en aide à ces institutions culturelles, qui rejettent pour la plupart la faute sur les pouvoirs publics. Certaines voix remettent en cause cette version, et, sans nier la part de responsabilité des autorités, pointent l’incurie des directions. C’est notamment le point de vue d’Haris Pašović, célèbre réalisateur bosnien et directeur du East West Centar de Sarajevo.

Radio Slobodna Evropa (R.S.E) : Vos déclarations concernant la fermeture de nos institutions culturelles et la culpabilité de leurs directeurs donne à réfléchir...

Haris Pašović (H.P.) : Je pense qu’ils sont les plus à blâmer et je suis étonné de leur inaction. Ils n’ont pas été nommés pour attendre les financements du ministère les bras croisés, mais pour diriger une institution. On compte en Bosnie-Herzégovine près d’un million d’élèves et d’étudiants, de sorte que s’ils avaient au moins fait venir dans ces institutions ces millions de jeunes au cours de l’année passée, ils n’en seraient pas là aujourd’hui. Nous ne les avons jamais entendus dire combien de visites ils ont reçu, ni ce qu’ils ont fait, quels projets ils ont menés, ni le montant de leurs recettes. Ils ne font que se plaindre : ‘nous n’avons pas d’argent et l’Etat ne nous en donne pas’. Je ne minimise en aucun cas la responsabilité de l’État. Je pense naturellement qu’il faudrait porter beaucoup plus d’attention et de soins à ces institutions. Néanmoins je considère les directeurs au moins aussi responsables que les politiciens. D’ailleurs cette fermeture apparente n’est qu’une mascarade car en fait ces établissements ne ferment pas réellement. S’ils fermaient vraiment, tous ces employés auraient démissionné et se seraient adressés à la police afin que les collections soient mises sous scellés et placées sous bonne garde mais ce n’est pas le cas. Fermés sans être fermés. Ils gardent leurs emplois et tant qu’ils sont à leur poste ils sont responsables et rien ne peut les sauver de cette responsabilité. Ils ont accepté un travail public qu’ils sont obligés d’assurer. Être fonctionnaire de sorte que vous tenez une réunion et annoncez la fermeture de votre établissement, ce n’est pas sérieux. Je trouve déplacé et agaçant d’entendre la directrice du Musée d’Histoire affirmer qu’il n’est pas un État qui ne financerait pas un musée d’histoire. C’est juste, mais il n’est également pas de directrice qui ne trouverait pas les moyens de permettre au musée d’exister malgré les problèmes qui sont ici des problèmes objectifs. Ce n’est pas que l’État agit de manière intentionnelle. Le fait est que cet État fait face à de sérieux facteurs juridiques et économiques restrictifs.

R.S.E : Il y a pourtant une certaine indifférence de la part des responsables au sein des pouvoirs publics, tant pour ce qui est de la culture récente que de notre patrimoine et de la mémoire collective. Je trouve terrible de voir les gardiens de cette mémoire devenir les monuments de la démence de toute une génération. En cela, je considère que chacun d’entre nous est responsable.

H.P. : Je ne peux pas être tout à fait d’accord avec vous. Pourquoi devriez-vous être responsable de la situation dans laquelle se trouvent le Musée national et la Galerie nationale ? Je crois que les politiciens sont responsables, mais je ne pense pas qu’ils soient totalement indifférents. Il y a des obstacles juridiques quand il s’agit de ces musées et de la Galerie nationale, tout simplement parce qu’ils n’entrent pas dans les dispositions des Accords de Dayton. Par ailleurs, il y a aussi des opinions politiques différentes comme par exemple celle de Sredoje Nović, ministre des Affaires civiles, qui se demande pourquoi ces institutions seraient considérées comme des institutions d’État alors qu’elles ne communiquent en aucune façon avec l’étranger, ce qui est totalement vrai. En effet, on ne peut pas rester dans le centre de Sarajevo et exiger des financements de l’État en affirmant qu’on le représente, sous prétexte que les choses étaient comme ça du temps de Tito. Les temps changent, tout comme la situation politique, la méthodologie et les médias. Ceux qui dirigent ces institutions devraient se le dire et devraient être au courant des tendances actuelles quand il s’agit de muséologie et de la manière de faire fonctionner une galerie. Ils ne le sont pas parce qu’ils ne parlent pas de langues étrangères, ne s’informent pas, n’ont aucun contact avec des institutions similaires dans le monde et ne sont tout simplement pas intéressés.

R.S.E : Pensez-vous alors qu’il faille être pessimiste ?

H.P. : Je ne le pense pas. Que des directeurs incompétents se plaignent ne signifie pas qu’il n’y a plus d’espoir pour le pays et sa culture. Cette grogne intellectuelle, qui exerce une pression politique sur le gouvernement sans apporter en retour de solutions réelles, est sans valeur. Pourquoi s’attendre à ce que des personnes qui sont arrivées hier au pouvoir soient pleinement compétentes dans ce type d’affaires. Je pense qu’il est nécessaire en premier lieu de préserver les collections, car dans le cas où celles-ci seraient endommagées ou dérobées, il s’agirait alors d’une infraction criminelle. Les musées sont responsables de ce travail, pas les politiciens. Les employés de ces institutions sont les garants de la sécurité des trésors nationaux qui y sont entreposés. S’ils n’en sont pas capables, ils se doivent de démissionner et de confier la protection de ces collections à la police. Parallèlement, je pense que le gouvernement devrait mettre en place une cellule de crise composée d’experts et de représentants politiques et qui aurait six mois pour élaborer un plan pour la réhabilitation et le développement futurs de ces institutions. On trouve encore dans ce pays un grand nombre de gens sérieux, consciencieux et travailleurs, qui eux n’ont ni le temps ni le loisir de bavarder, parce qu’ils travaillent. Par conséquent, ces fainéants doivent être congédiés ou bien apprendre à travailler. On pourra alors enfin parler d’optimisme.

publié par Le Courrier des Balkans

21 janvier 2012

Déclaration du Bureau du Procureur du Tribunal pénal international pour
l’ex Yougoslavie à l’occasion de l’arrestation de Radovan Stanković


 
Radovan Stankovic
 Radovan Stanković

Le Procureur du Tribunal pénal international pour l’ex‑Yougoslavie salue l’arrestation aujourd’hui de Radovan Stanković, en Bosnie-Herzégovine.

Ancien membre des forces paramilitaires serbes, Radovan Stanković a été mis en accusation par le TPIY pour des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre, notamment le viol, perpétrés à Foča, en Bosnie-Herzégovine, en 1992. Le Tribunal l’a renvoyé en Bosnie-Herzégovine en septembre 2005, en application de l’article 11 bis de son Règlement de procédure et de preuve. La Cour d’État de Bosnie-Herzégovine l’a déclaré coupable et condamné à une peine de 20 ans d’emprisonnement. Il s’est évadé de la prison de Foča en mai 2007.

À l’occasion de son arrestation, Serge Brammertz, Procureur du Tribunal, a fait la déclaration suivante :

« Nous constatons avec satisfaction que Radovan Stanković, initialement mis en accusation par le Tribunal puis renvoyé devant les autorités de Bosnie-Herzégovine qui l’ont déclaré coupable, a finalement été arrêté, quatre ans après son évasion de la prison de Foča.

Le Bureau du Procureur a demandé à maintes reprises que Radovan Stankovic
́ soit arrêté. Dans notre dernier rapport au Conseil de sécurité de l’ONU, nous insistions sur l’importance de son arrestation, qui demeurait un enjeu majeur pour la Bosnie-Herzégovine et les autres États de l’ex-Yougoslavie.

L’arrestation de Radovan Stanković aujourd’hui est importante pour les victimes des crimes graves dont il a été reconnu coupable. J’espère que cette arrestation reflète un engagement plus énergique de la part des autorités de Bosnie-Herzégovine pour traduire en justice les responsables des crimes graves perpétrés sur leur territoire au début des années 1990. »

7 Décembre 2011

BRUXELLES (AP) — Les ministres des Affaires étrangères de l'OTAN se retrouvent ce mercredi à Bruxelles pour une réunion de deux jours destinée à se pencher notamment sur la stratégie de transition en Afghanistan, un projet de système de défense anti-missiles et les troubles au Kosovo.

Ces discussions font suite à la conférence de Bonn en Allemagne, où une centaine de pays et d'organisations internationales se sont engagés à continuer à soutenir l'Afghanistan après le retrait des unités de combat étrangères en 2014.

Les 28 ministres doivent également rencontrer leur homologue russe Sergueï Lavrov pour s'entretenir entre autres d'un vif désaccord relatif à un projet de bouclier anti-missiles. Moscou s'oppose au projet de l'Alliance atlantique d'un dispositif destiné à protéger les civils.

Les entretiens de cette semaine s'inscrivent dans le cadre des préparatifs du prochain sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'OTAN qui se tiendra à Chicago les 20 et 21 mai 2012.AP

MITROVICA, Kosovo (Reuters) - Les membres de la minorité serbe ont démantelé mercredi les barrages qu'ils tenaient depuis juillet dans le nord du Kosovo, une initiative qui devrait faciliter les efforts de Belgrade pour rejoindre l'Union européenne.

Ces barrages avaient été mis en place pour empêcher le gouvernement kosovar de Pristina de prendre le contrôle de deux postes frontaliers avec la Serbie.

Mercredi, policiers et douaniers kosovars, appuyés par des hommes de la Kfor, la force de l'Otan, contrôlaient les véhicules au point de passage de Jarinje, où de violents affrontements s'étaient produits ces derniers mois.

Dans le village de Jagnjenica, où deux soldats allemands de l'Otan ont été blessés par balles la semaine dernière, la circulation routière a également été rétablie.

La Serbie a levé vendredi dernier l'un des principaux obstacles à son intégration européenne en acceptant la mise en place de postes de douane à la frontière avec le Kosovo, une semaine avant l'examen de sa candidature à l'UE.

L'accord a été conclu par les délégations serbe et kosovare venues négocier à Bruxelles sous l'égide de l'Union.

Mardi, le Premier ministre kosovar Hashim Thaci a estimé que cet accord revenait pour Belgrade à reconnaître de jure l'indépendance de son ancienne province, proclamée en février 2008.

Pour le porte-parole du gouvernement serbe, Milivoje Mihajlovic, Belgrade entend simplement appliquer la résolution 1244 des Nations unies, adoptée en 1999, sur le retrait des forces serbes du Kosovo et le déploiement de l'Otan dans la région.

L'indépendance du Kosovo a été reconnue par plus de 80 pays, dont les Etats-Unis et 22 des 27 Etats membres de l'UE.

Branislav Krstic, Guy Kerivel pour le service français

5 Décembre 2011 - AFP

Zoran Milanovic devrait diriger le nouveau gouvernement croate. Et Zoran Jankovic celui de la Slovénie. Les élections de ce week-end en Croatie et en Slovénie ont vu la victoire de la gauche. Voici, pour ces deux pays, ce qui s'est passé, dans le détail.

En Croatie

La coalition de l'opposition de centre-gauche, emmenée par le Parti social-démocrate (SDP), a remporté une très large victoire aux législatives de dimanche en Croatie. Le centre-gauche devrait disposer de 80 sièges sur 151 au Parlement, selon les médias. Ce qui lui permet de former un gouvernement sans devoir constituer d'alliances.

Face à eux, les conservateurs subissent une lourde défaite. L'Union démocratique croate (HDZ), qui dirigeait la Croatie depuis 2003, devrait obtenir pour sa part 47 sièges.

Enfin, le Parti travailliste, une nouvelle formation sur la scène politique croate, disposera de 6 sièges, tout comme l'Alliance démocratique croate de la Slavonie et de la Baranja (HDSSB), une formation régionale de droite.

La HDZ, qui a dominé la vie politique croate depuis l'indépendance en 1991, à l'exception des années 2000-2003, a été secouée ces derniers mois par des scandales de corruption et la crise économique. Le très probable nouveau Premier ministre croate, Zoran Milanovic, dirigeant du SDP, a annoncé son intention de redresser l'économie du pays, touchée par la crise de ses dernières années.

Cette alternance politique intervient à quelques jours de la signature, vendredi, du traité d'adhésion de la Croatie à l'Union européenne.

En Slovénie

Surprise en Slovénie, où la gauche l'emporte également lors de législatives anticipées. Ainsi, le populaire maire centre-gauche de Ljubljana, le millionnaire Zoran Jankovic, arrive en tête des élections alors que les conservateurs étaient donnés largement gagnants.

Créé il y a seulement deux mois spécialement pour ce scrutin par Zoran Jankovic, le parti Slovénie Positive recueille 28,53% des suffrages.Il distance donc de plus de deux points le Parti démocratique slovène (SDS, centre-droit) de l'ancien Premier ministre, qui fut en poste de 2004 à 2008, le conservateur Janez Jansa, qui n'obtient que 26,26%. Les citoyens ont voté "pour une nouvelle Slovénie, une Slovénie qui réussira, sera solidaire et sociale", a déclaré Zoran Jankovic, 58 ans, vainqueur des élections.

Mais l'effondrement se situe surtout du côté du Premier ministre social-démocrate Borut Pahor, dont le gouvernement est tombé en septembre dernier, qui obtient 10,48% des voix -en 2008, il avait obtenu 30,45%-. C'est une défaite amère pour Janez Jansa. Dans le même temps, des révélations sur une affaire immobilière le concernant et jugée suspecte pourraient avoir retourné la tendance.

La campagne électorale a été largement dominée par la détérioration de la situation économique et financière. Or, les résultats sont serrés, ce qui va rendre difficile la création d'un gouvernement de coalition à même d'imposer des réformes douloureuses.

Très dépendant des exportations, le pays -membre de la zone euro- flirte aujourd'hui avec la récession, alors que le chômage a doublé en trois ans.


Marie-Laure Michel - Agence France-Presse - 31 mai 2011
La Haye

L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic, recherché pendant seize ans par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), a été transféré mardi de Belgrade aux Pays-Bas où il a été remis au TPIY.

Ratko Mladic, 69 ans, est arrivé vers 17h45 GMT (14h45, heure de Montréal) à l'aéroport de Rotterdam (ouest des Pays-Bas) à bord d'un avion portant l'inscription «République de Serbie» qui a été garé à l'intérieur d'un hangar, à l'abri des regards, selon des images diffusées par la télévision publique néerlandaise.

M. Mladic devait être pris en charge par des représentants du bureau du procureur et du greffe, puis conduit au quartier pénitentiaire du TPIY à La Haye, à une vingtaine de kilomètres de Rotterdam.

La ministre serbe de la Justice, Snezana Malovic, avait annoncé vers 17h30 (11h30, heure de Montréal) devant la presse à Belgrade que Ratko Mladic était «dans l'avion en route vers La Haye».

«Mladic est accusé des crimes les plus graves contre l'humanité et des violations les plus graves contre le droit humanitaire. La Serbie a, en décidant ce transfèrement, rempli son obligation internationale et morale», a ajouté la ministre.

Arrêté jeudi à Lazarevo, un village du nord-est de la Serbie, l'ancien général avait tenté de s'opposer à son transfèrement vers les Pays-Bas, sa défense arguant de son état de santé alarmant.

Mais la justice serbe avait rejeté mardi en début d'après-midi l'appel interjeté par M. Mladic, ouvrant la voie à son départ pour les Pays-Bas.

«Le transfèrement de Mladic ne met pas un terme à ce dossier. Je m'attends à ce qu'on détermine qui l'a aidé toutes ces années dans sa cavale», a déclaré la ministre Malovic.

Mladic est accusé de génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis pendant la guerre de Bosnie (1992-1995) qui a fait environ 100 000 morts et 2,2 millions de déplacés.

Ratko Mladic qui encourt la prison à vie était l'un des deux derniers fugitifs recherchés par le TPIY créé en 1993 par les Nations unies. Goran Hadzic, ancien président de la République serbe unilatéralement proclamée de Krajina, est toujours en fuite.

M. Mladic est notamment accusé du massacre de Srebrenica, en juillet 1995, le pire commis en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, au cours duquel près de 8000 musulmans avaient été exécutés.

Au quartier pénitentiaire du TPIY, l'ancien général va retrouver Radovan Karadzic, l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, et une trentaine d'accusés originaires de l'ex-Yougoslavie en attente ou en cours de jugement.

À son arrivée à la prison, Ratko Mladic sera informé de ses droits et pourra s'entretenir avec un avocat avant de participer à une audience de comparution initiale dont la date n'est pas encore fixée.

Radovan Karadzic, transféré le 30 juillet 2008 à La Haye, avait été présenté aux juges du TPIY dès le lendemain de son arrivée.

À l'audience de comparution initiale, Ratko Mladic pourra plaider coupable ou non coupable. S'il le souhaite, il pourra bénéficier d'un délai de 30 jours avant que la question ne lui soit à nouveau posée. S'il plaide coupable de tous les chefs d'accusation, son procès n'aura pas lieu et le tribunal prononcera une peine.

Le bureau du procureur du TPIY n'a pas exclu de joindre partiellement le procès de Ratko Mladic à celui de Radovan Karadzic, qui avait débuté en octobre 2009. Les deux hommes sont en effet accusés des mêmes crimes.

Mardi à l'aube, Ratko Mladic, qui était l'homme le plus recherché d'Europe, avait été conduit, à sa demande, devant la tombe de sa fille qui s'était suicidée en 1994 à l'âge de 24 ans, dans un cimetière de Belgrade.

Une dizaine de milliers de Serbes bosniens ont fustigé mardi la Serbie, la «marâtre», pour avoir permis l'arrestation de leur ancien chef militaire, au cours d'une manifestation à Banja Luka, la capitale de l'entité serbe de Bosnie.

«Mladic est accusé des crimes les plus graves contre l'humanité et des violations les plus graves contre le droit humanitaire. La Serbie a, en décidant ce transfèrement, rempli son obligation internationale et morale», a ajouté la ministre.

Ratko Mladic, 69 ans, est inculpé par le TPIY de génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité pour son rôle présumé pendant le conflit en Bosnie (1992-1995). Il est notamment accusé du massacre d'environ 8000 personnes à Srebrenica (Bosnie orientale) en 1995, le plus grave commis en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

«Faire comparaître Mladic devant la justice est une satisfaction pour les victimes et leurs familles. Dans un même temps, il s'agit d'un message de réconciliation dans la région», a insisté Mme Malovic.

Les guerres qui ont ensanglanté les Balkans dans les années 1990 ont fait des dizaines de milliers de morts.

La justice serbe a rejeté mardi l'appel de l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie contre son transfèrement vers le TPIY.

26 Mai 2011

À Lazarevo, bourgade de 3.000 habitants à 70 km au nord de Belgrade, c’est là que  Ratko Mladic a été arrêté ce jour. Ratko Mladić visait chez un de ses cousins. Dans ce bastion du Parti radical serbe fidèle à l’ancien commandant des Serbes de Bosnie, les habitants sont amers. Personne ne savait qu’il se cachait là et tous assurent que s’ils l’avaient su, personne ne l’aurait dénoncé. Comme quoi le nationalisme serbe n'est pas mort et qu'il faudra encore le combattre.
Arrêté jeudi à Lazarevo, petite localité à une cinquantaine de kilomètres au nord de Belgrade, après 16 ans de cavale, Mladic est actuellement détenu dans une prison en Serbie. L'ancien général âgé de 69 ans, inculpé par le TPIY de génocide et crimes contre l'humanité pour des faits remontant à la guerre en Bosnie (1992-95), pourrait être extradé dès lundi vers La Haye si son appel est rejeté.
Un tribunal de Belgrade a donné vendredi son feu vert à l'extradition, estimant que Ratko Mladic est en état d'être jugé, ce que contestent ses avocats et sa famille.
Mladic est poursuivi pour génocide, complicité de génocide, persécutions, extermination, déportation, crimes contre l'humanité et violations des lois et coutumes de guerre pour des faits commis durant la guerre en Bosnie (1992-95). Il risque la prison à vie. Il est notamment accusé pour le massacre par ses troupes de 8.000 hommes et garçons musulmans dans l'enclave de Srebrenica en 1995, et pour le siège de Sarajevo.

Jeudi 10 juin 2010

Srebrenica: deux Serbes condamnés à la prison à vie

 

Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) a condamné jeudi deux Serbes de Bosnie à la prison à perpétuité pour génocide lors du massacre de 8 000 hommes et garçons musulmans dans l'enclave de Srebrenica en 1995. C'est le jugement le plus sévère jamais rendu par le TPIY pour des crimes commis durant la guerre en Bosnie (1992-95).

Ex-officiers de haut rang dans l'armée bosno-serbe, Vujadin Popovic et Ljubisa Beara ont été reconnus coupables de génocide, extermination, meurtre et persécution. Cinq autres anciens responsables de l'armée et de la police bosno-serbes ont écopé de peines de prison pour des crimes commis dans les enclaves de Srebrenica et Zepa, dans l'est de la Bosnie.

Le TPIY a ainsi condamné Drago Nikolic à 35 ans de prison pour avoir aidé et encouragé le génocide, l'extermination, le meurtre et la persécution; Radivoje Miletic à 19 ans de prison pour meurtre, persécution et actes inhumains; Ljubomir Borovcanin à 17 ans de prison pour avoir aidé et encouragé l'extermination, le meurtre, la persécution, le déplacement forcé, et pour meurtre; Vinko Pandurevic à 13 ans pour avoir aidé et encouragé le meurtre, la persécution, et les actes inhumains; et Milan Gvero à 5 ans pour persécution et actes inhumains.

Ce procès est le plus vaste jamais conduit par le TPIY, fondé en 1993. Son issue pourrait influer indirectement sur le procès de l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, qui s'est ouvert l'an dernier à La Haye. Figure clé de la guerre en Bosnie, Karadzic est également accusé de génocide pour le massacre de Srebrenica.

Dans leur verdict jeudi, les juges ont estimé que les crimes les plus graves des accusés avaient été commis en vertu d'une directive de Karadzic appelant à créer «une situation insupportable d'insécurité totale sans aucun espoir de survie» pour la population de Srebrenica.

Natasa Kandic, militante des droits de l'Homme qui a enquêté sur les crimes de guerre dans les Balkans, estime que les jugements rendus jeudi sont «extrêmement importants» pour le procès de Radovan Karadzic et les futurs procès contre des suspects de rang inférieur. «Tous les faits établis par le tribunal sont importants pour ces procès», a-t-elle déclaré à Belgrade.

Le TPIY a estimé que Popovic, chef de la sécurité de la Drina, avait organisé l'exécution de prisonniers dans une école à Orahovac. ôô(Il) savait que le but n'était pas simplement de tuer ceux qui étaient tombés entre les mains des forces bosno-serbes, mais de tuer le plus de personnes possible», souligne le verdict. Selon les juges, sa «participation active» a montré qu'il partageait la volonté de détruire la communauté musulmane de Bosnie, un critère clé pour une condamnation pour génocide.

L'autre condamné à la perpétuité, Beara, a coordonné le meurtre de prisonniers musulmans et organisé les fosses communes, selon le TPIY. Il «était résolu à détruire un groupe en tuant tous ses membres qui se trouvaient à sa portée», précise le jugement.

Le TPIY n'avait auparavant reconnu coupable de génocide qu'un seul accusé: le général Radislav Kristic. Mais ce verdict de 2001 avait été cassé en appel et le chef d'inculpation rétrogradé en aide et incitation au génocide.

 

Arthur Max
Associated Press
La haye

 

14 mai 2010

La Serbie va exhumer un charnier de Kosovars

La justice serbe va exhumer un charnier qui pourrait contenir jusqu'à 350 corps de Kosovars tués durant la guerre du Kosovo (1998-99) puis enterrés en secret en Serbie afin de masquer les crimes, a annoncé jeudi le procureur adjoint serbe pour les crimes de guerre, Bruno Vekaric.
M. Vekaric a précisé qu'une instruction allait être ouverte pour procéder à l'exhumation des corps, enterrés sous un bâtiment et un parking construits après le conflit à Rudnica, une commune du sud de la Serbie proche de la frontière kosovare.
Le magistrat a précisé que le juge d'instruction inculperait de crimes de guerre les "personnes inconnues" responsables des crimes. Selon lui, le charnier, dont la découverte avait été annoncée lundi, pourrait contenir de 150 à 350 corps de Kosovars.
"Pour la première fois, la Serbie affronte ouvertement son sombre passé", a déclaré M. Vekaric.
Cette annonce intervient durant la visite à Belgrade, mercredi et jeudi, du procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), le Belge Serge Brammertz. Ce dernier a indiqué ne pas disposer de davantage de précisions sur le charnier, mais s'est félicité de sa découverte.
La guerre du Kosovo a fait environ 10.000 morts et près d'un million de déplacés. Le Kosovo a proclamé son indépendance de la Serbie en 2008, mais Belgrade refuse de la reconnaître. AP

 

Mercredi 12 mai, 13h06
Quatre morts dans une fusillade à la frontière du Kosovo et de la Macédoine

Une fusillade entre la police macédonienne et un groupe armé près de la frontière avec le Kosovo a fait quatre morts, a annoncé mercredi la police, dix jours après qu'un ancien groupe rebelle albanais ait revendiqué un incident similaire.


Les quatre hommes ont été tués au cours d'une embuscade organisée par la police pour intercepter des contrebandiers d'armes près du village de Radusa, a rapporté le porte-parole de la police Ivo Kotevski.
La fusillade a éclaté lorsqu'un homme au volant d'une camionnette a ouvert le feu sur la police, qui lui avait ordonné de s'arrêter pour un contrôle, a-t-il ajouté. Les quatre hommes à bord de la camionnette ont été tués.
Le porte-parole a ajouté que les autorités avaient découvert de grandes quantités d'armes et d'explosifs à bord de la camionnette et que trois des quatre hommes ont été identifiés. L'un d'eux serait du Kosovo.
Le mois dernier, les autorités macédoniennes ont découvert plusieurs caches d'armes souterraines à la frontière entre la Macédoine et le Kosovo, dans lesquelles se trouvaient des mines, des grenades et des obus, ainsi que des canons antiaériens.
Au début du mois, un ancien groupe rebelle albanais, l'Armée de libération nationale, a revendiqué une autre fusillade qui a eu lieu le 29 avril dans cette région frontalière. Un soldat macédonien aurait été tué durant la fusillade, selon l'ALN. Le gouvernement macédonien a récusé cette information.
L'ALN a brièvement combattu les forces gouvernementales macédoniennes en 2001, revendiquant davantage de droits pour la minorité albanaise du pays. Ce groupe était étroitement lié à l'Armée de libération du Kosovo, qui a combattu le régime serbe au Kosovo à la fin des années 1990. AP

 


Lundi 10 mai, 18h21

Un charnier d'Albanais kosovars mis au jour en Serbie 
Gordana Filipovic et Fatos Bytyci


Les autorités serbes annoncent avoir mis au jour un charnier contenant les corps de 250 Kosovars de souche albanaise, près de Raska, dans le sud de la Serbie, en lisière du Kosovo.
Cette fosse commune, découverte sous un immeuble de bureau dans la localité de Rudnica, serait la deuxième plus importante des six découvertes depuis le conflit de 1998-99 entre Serbes et Albanais du Kosovo qui s'est achevé à la suite de l'intervention de l'aviation de l'Otan au secours de ces derniers.
"Nous pouvons confirmer qu'un charnier a été découvert. Selon notre estimation, 250 corps ont été retrouvés sur un site proche de celui que nous avons fouillé il y a deux ans", a déclaré le porte-parole du procureur, Bruno Vekaric, précisant que des membres de la mission européenne de maintien de l'ordre au Kosovo (Eulex) avaient contribué aux recherches.
Plusieurs jours seront nécessaires pour obtenir les approbations et les moyens nécessaires à l'exhumation, a-t-il dit. "Cela va nous permettre d'obtenir des éléments essentiels dans certaines affaires du ressort du parquet serbe. Mais c'est très important parce que cela accroît le crédit démocratique de la Serbie", a souligné le porte-parole.
De 8.000 à 12.000 civils, en grande majorité des Albanais de souche, ont été tués dans la province autonome de l'ex-Fédération yougoslave en 1998 et 1999 alors que les forces serbes tentaient de mater l'insurrection séparatiste.
Les autorités du Kosovo, ancienne province de Serbie qui a proclamé son indépendance en 2008, ont fait savoir que Belgrade s'était vu demander avec insistance de fouiller les lieux où le charnier a été mis au jour sur la fois de "témoignages" non précisés.


1.850 PERSONNES ENCORE DISPARUES
"Il est évident que la Serbie a commis ce crime et a tenté de le dissimuler. Mais ils ne peuvent le faire éternellement", a déclaré le vice-Premier ministre Rame Manaj à Reuters.
"Nous avons des informations sur un autre charnier près de la ville de Medvedja, dans le sud de la Serbie", a ajouté Manaj en précisant que 1.850 personnes restent portées manquantes, dont 400 Serbes et d'autres non albanais de souche.
Le plus gros charnier découvert depuis la fin du conflit kosovar contenait les corps plus de 800 albanophones jetés dans les puits d'un terrain d'entraînement de la police en périphérie de Belgrade.
Selon le procureur serbe Vladimir Vukcevic, la découverte indique que la Serbie s'attaque décisivement à son passé et s'est engagée à "enquêter sur chaque crime de cette époque, quels qu'en soient les auteurs".
"C'est le meilleur moyen d'avancer vers la réconciliation dans cette région. C'est notre obligation envers les victimes et leurs familles."
Le procureur du Tribunal pénal international sur l'ancienne Yougoslavie, Serge Brammertz, est attendu mercredi à Belgrade pour faire le point de la coopération du régime serbe avec la juridiction de La Haye.


Un rapport positif de Brammertz au TPIY faciliterait la ratification de l'accord d'Association entre la Serbe et l'Union européenne, antichambre d'une future adhésion.
Celle-ci reste néanmoins suspendue à l'arrestation de l'ancien général Ratko Mladic, ancien chef militaire des serbes bosniaque, recherché pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide.
Bruxelles attend en outre de Belgrade qu'il se résigne a l'indépendance du Kosovo alors que la Serbie a demandé à la Cour internationale de Justice de La Haye de trancher le problème de sa province dont elle n'accepte pas la sécession.


Jean-Philippe Lefief et Marc Delteil pour le service français, édité par Gilles Trequesser

 

6 mai 2010

Arrestation d'un criminel de guerre présumé d'ethnie albanaise au Kosovo

Un ancien membre de la rébellion albanaise, soupçonné d'avoir commis des crimes de guerre dans un centre de détention en Albanie pendant la guerre du Kosovo en 1998-99, a été arrêté au Kosovo, a rapporté jeudi un responsable de l'Union européenne.


Selon des médias locaux, le suspect serait Sabit Geci, un membre albanais de l'Armée de libération du Kosovo. En 2001, un tribunal des Nations unies avait déclaré M. Geci coupable d'extorsion et l'avait condamné à plus de cinq ans de prison.
La police de l'Union européenne a annoncé que l'ancien rebelle était désormais soupçonné d'avoir perpétré des crimes de guerre entre avril et juin 1999, au moment où l'OTAN bombardait les forces serbes de Yougoslavie afin d'arrêter une violente répression contre les séparatistes albanais.
Bruno Vekaric, procureur adjoint en charge des crimes de guerre en Serbie, a déclaré que "selon nos informations, cette personne a été arrêtée pour avoir pris part dans certains crimes contre des non Albanais dans la région de Kukes, dans le nord de l'Albanie".
Il a ajouté que la Serbie coopérait avec la mission de maintien de l'ordre de l'UE au Kosovo, et que "l'arrestation ajoute à l'optimisme que cette coopération sera encore meilleure".


Des tensions avaient récemment affleuré entre les autorités locales du Kosovo et la police européenne.
Quelque 10.000 Albanais sont morts durant la guerre du Kosovo. Des centaines de Serbes et d'Albanais sont encore portés disparus. La Kosovo a proclamé son indépendance de la Serbie en 2008, en dépit d'une forte opposition de Belgrade. 

AP

 

Mercredi 5 mai, 15h37
Bosnie: la police a arrêté trois criminels de guerre présumés

La police a arrêté trois personnes suspectées d'avoir commis des crimes de guerre pendant la guerre de Bosnie de 1992-95, ont annoncé mercredi les autorités bosniaques.
Dans un communiqué diffusé mercredi, la police a précisé que les trois hommes, dont seules les initiales ont été dévoilées, ont été arrêtés à Banja Luka (nord du pays). Ils sont suspectés d'avoir tué 15 musulmans bosniaques en 1995. Les trois suspects seront remis aux procureurs.
La Bosnie-Herzégovine est divisée entre une république serbe et une fédération commune aux musulmans et aux Croates. Après la guerre de 1992-95, les autorités locales ont parfois évité d'arrêter les personnes suspectées de crimes de guerre, qui étaient recherchées par la région voisine. Toutefois, les deux régions qui envisagent désormais leur avenir au sein de l'Union européenne ont commencé à réformer leurs institutions et à coopérer, notamment sur les arrestations de criminels de guerre. AP