Les enjeux du combat contre les mines antipersonnel
| Mines
antipersonnel : au moins 14 pays n'atteindront pas leurs objectifs de
déminage
12 novembre 2007 – L'Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement (UNIDIR) a lancé aujourd'hui le Rapport de l'Observatoire des mines 2007, qui conclut que l'objectif de faire disparaître les mines antipersonnel d'ici 2010 ne sera probablement pas atteint, avant d'appeller à de plus amples efforts. « Quatorze pays ne devraient pas atteindre leurs objectifs pour 2009 », indique un communiqué de la Campagne internationale pour interdire les mines (ICBL selon son acronyme anglais), publié aujourd'hui à Genève. Ces pays sont la Bosnie-Herzégovine, le Cambodge, la Croatie, le Mozambique, le Niger, le Pérou, le Royaume-Uni (pour les îles Malouines), le Sénégal, le Tadjikistan, le Tchad, la Thaïlande, le Venezuela, le Yémen et le Zimbabwe. Le rapport souligne que d'autres pays n'ont même pas commencé les opérations de déminage, comme la France, le Niger, le Royaume-Uni et le Venezuela. Tout en se réjouissant du rejet grandissant que provoquent les mines antipersonnel, et du nombre décroissant de pays recourant à cette arme, l'ICBL appelle à de plus amples efforts pour la rééducation physique et la réintégration économique des survivants. En août 2007, on comptait 473.000 survivants, et au cours de 2006, on a déploré 5.751 victimes, des civils pour les trois-quarts, indique le communiqué. La Convention sur l'interdiction de l'emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction, encore appelé `Traité d'interdiction des mines´, a été signé le 18 septembre 1997 à Ottawa. Quatre pays ont dernièrement rejoint la Convention – l'Indonésie, l'Iraq, le Koweït et le Monténégro-, portant à 155 le nombre de pays signataires.
|
| Un engin dénommé le MH-05 travaille dans le petit village
de Nisici, à 40 kms au nord de Sarajevo, le 6 septembre 2006 Il est
offert par l'Union européenne dans un programme de 2 millions d'Euro
(US$2.6 million). . |
| Première Journée
internationale contre les mines : l'ONU appelle à l'interdiction
universelle
4 avril 2006 – Les Nations Unies célèbrent aujourd'hui la première Journée internationale pour la sensibilisation aux mines et l'assistance à la lutte antimines, qui sera organisée désormais chaque 4 avril. Chaque année, les mines tuent quelque 20 000 personnes dans le monde, dont 3 à 4000 enfants. « Des décennies après la fin de conflits, ces assassins invisibles continuent de mutiler et de tuer. A travers les mines, les guerres du XXème siècle continuent de faire de nouvelles victimes au XXIème siècle » souligne Kofi Annan, le Secrétaire général des Nations Unies dans un message publié à l'occasion de cette Journée internationale. Entré en vigueur en 1999, le Traité d'interdiction des mines anti-personnel a été ratifié par 150 pays. « Ce traité a déjà produit des résultats tangibles, note Kofi Annan. « Les gouvernements, donateurs, organisations non gouvernementales (ONG) et les Nations Unies collaborent dans plus de 30 pays. La production et la pose des mines sont toutes les deux en régression. Le commerce international des mines a quasiment disparu. Les stocks ont été détruits ». « L'objectif d'un monde sans mine peut être atteint en quelques années – et non pas décennies comme on le pensait auparavant » prévoit le Secrétaire général. Mais pour que cette bonne nouvelle se concrétise, il appelle « tous les gouvernements à ratifier le traité, ainsi que le nouveau protocole V, sur les débris explosifs provenant des guerres » et « demande aux donateurs de réitérer leurs engagements ». Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), une des organisations des Nations Unies engagées dans la lutte contre les mines, note dans un communiqué publié aujourd'hui à New York que les efforts pour parvenir à l'éradication totale doivent notamment porter sur l'éducation. « Dans la trentaine de pays infestés, nos programmes informent les communautés sur les risques que peut présenter le simple fait de marcher dans certaines zones », explique Paula Clayombe, une des spécialistes de la question à l'UNICEF. Au Sri Lanka, par exemple, l'UNICEF apprend aux enfants à vivre au milieu de cette menace et à réagir en présence d'une mine. Mais la lutte contre les mines passe aussi par un déminage exhaustif. « Après avoir été tellement efficaces dans la pose des mines, nous devons maintenant devenir encore meilleurs dans le déminage, souligne Kofi Annan. Chaque mine enlevée signifie une vie sauvée. Chaque mine enlevée nous rapproche un peu plus d'une paix durable et productive ». Sur le terrain, cette question du déminage a un sens tout particulier en Iraq. « Des décennies de guerres et de conflits ont laissé l'Iraq contaminé par les mines et les restes explosifs de guerre (REG) » souligne la Mission des Nations Unies en Iraq (UNAMI). Un recensement en cours a d'ores et déjà identifié plus de 4 000 zones à risque dangereuses ou suspectes à travers le pays. « Outre le risque de mort ou de mutilation, la contamination de larges zones pèse également sur la mise en œuvre de l'assistance, de la réhabilitation et de la reconstruction » souligne Staffan de Mistura, représentant sur place du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), qui apporte son soutien au gouvernement iraquien dans la mise en place d'un programme de déminage de 8,4 millions de dollars, financé par l'Italie et l'Union européenne. Récemment, 9,5 millions de mètres carrés ont été nettoyés de plus de 25 000 munitions, permettant l'utilisation agricole de ces terres. Dans le sud Soudan, où un accord de paix a mis fin l'an dernier à 21 ans de guerre civile, les mines constituent un obstacle majeur au retour des réfugiés. « La lutte contre les mines est une des clés de notre programme de retour des réfugiés au sud Soudan » explique Harry Leefe, responsable de l'action antimines au Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR). Les amputations suite à l'explosion de mines sont très fréquentes, notamment chez les enfants. L'agence de l'ONU pour les réfugiés tente de sensibiliser les futurs rapatriés dans leurs camps, en Ethiopie, au Kenya, en République démocratique du Congo (RDC), en République centrafricaine et en Ouganda. « Mais un des problèmes, souligne le HCR, est que le déminage prend très longtemps ». Il est d'autant plus aléatoire que le conflit au sud Soudan a été disséminé sur un grand territoire, sans « ligne de front » précise. Il a fallu l'an dernier à l'ONG Norvegian's People Aid, qui opère au sud Soudan, plus de six mois pour nettoyer 120 000 mètres carrés et trouver 8 mines. Voir le site du Service de la lutte antimines des Nations Unies (UNMAS)
|
|
L’APPLICATION DU TRAITÉ D’OTTAWA 147 États parties (ayant ratifié le Traité) 7 États signataires (ont signé mais pas encore ratifié le Traité) En 2004, 4 pays ont adhéré au Traité : l’Éthiopie* (17/12/04), le Bhoutan (18/08/05), la Lettonie (1/07/05) et le Vanatu (16/09/05). 40 États non parties dont 3 des 5 États membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (États- Unis, Chine, Russie)**. En 2004, de nombreux États non parties au Traité ont présenté des rapports volontaires sur les quantités et le type de mines produites, transférées et stockées, ainsi que sur la localisation des zones minées (Sri Lanka, Bélarus, Cameroun, Lituanie, Lettonie, Pologne et Ukraine). La Russie a également fait connaître, pour la première fois, la quantité de mines stockées sur son territoire. 400 000 mines antipersonnel provenant de stocks ont été détruites par les États parties entre mai 2004 et mai 2005. 7 États parties ont ainsi achevé la destruction de leurs stocks (Algérie, Bangladesh, Colombie, Mauritanie, Tanzanie, Uruguay et Zambie) rejoignant les 63 États ayant déjà achevé la leur. Six ans après l’entrée en vigueur du Traité d’Ottawa, les stocks détenus par les pays parties sont encore trop importants (20 millions), malgré les 38,3 millions de mines déjà détruites. 4 États et de nombreuses factions armées continuent à utiliser des mines Outre le Myanmar (Birmanie), le Népal, la Russie et la Géorgie (qui nie ces allégations), des mines antipersonnel ont été largement utilisées par des groupes d’opposition dans au moins 17 pays (Birmanie, Burundi, Colombie, Géorgie, Inde, Irak, Népal, Pakistan, Philippines, Russie*, Somalie, Turquie, Ouganda, Afghanistan, Égypte, Sri Lanka, Yémen). * Y compris la Tchétchénie, le Daguestan et l’Ossétie du Nord
AVANCÉES DE LA LUTTE ANTI-MINES 135 km2 déminés dans 37 pays et régions et 170 km2 dépollués d’engins non explosés. - Soit 0,15% des 200 000 km2 suspectés
d’être pollués (soit un peu moins de la moitié de Des programmes de prévention des risques d’accidents par mines conduits dans 65 pays. - 15 nouveaux pays par rapport à 2003 Mais Handicap
International dénonce la baisse des crédits français
dans la lutte contre les mines Particulièrement inquiétante, car symbolisant le désengagement de pays historiquement impliqués dans la lutte anti-mines, cette baisse est largement compensée par les investissements supplémentaires consentis par certains États parties et par une augmentation du financement supplémentaires national des pays touchés par les mines (Croatie, Bosnie- Herzégovine, Mozambique, Éthiopie, Yémen).
|
|
Déminage en Europe du
Sud-Est : bilan 2003
Handicap International Sur la Toile : www.handicap-international.org Fiche de synthèse
programme I . Contexte Durant les conflits des années
quatre-vingt-dix dans les Balkans, l’utilisation des mines antipersonnel
a été massive par l’ensemble des belligérants. Plus de 3 millions de
mines ont ainsi été recensées depuis la fin des conflits, et plus de 10
000 personnes en ont été victimes jusqu’à aujourd’hui, en Croatie,
en Bosnie-Herzégovine, en Serbie-Monténégro (y compris le Kosovo), en
Macédoine et en Albanie. II . Historique Handicap International
participe aux efforts de déminage dans les Balkans depuis 1997. - prévention des risques d’accident, en Bosnie-Herzégovine, de 1998 à aujourd’hui - déminage, en Bosnie-Herzégovine (1997-1999), au Kosovo (1999-2003) et en Macédoine(2002-2003) - formation de capacités locales en Bosnie-Herzégovine (1998-2002), appui à une association locale de déminage au Kosovo (2001-2003), formation et supervision de la protection civile - étude
d’impact (Landmine Impact Survey) en Bosnie-Herzégovine (2003). En 2003, l’ensemble de l’action contre
les mines de Handicap International dans les Balkans a été regroupé au
sein d’un unique programme, le Seermap (programme régional d’action
contre les mines en Europe du Sud-Est). III . Stratégie Pour les années 2004-2006, Handicap
International poursuivra ses efforts pour l’éradication des risques
liés à la présence de mines antipersonnel et d’engins non explosés
dans la région, en collaboration avec les autorités nationales chargées
du déminage. Les activités de prévention des risques
vont se poursuivre en Bosnie-Herzégovine, à travers un appui technique
au ministère de l’Education afin d’officialiser les curriculums de prévention
dans toutes les écoles du pays, et également des appuis techniques auprès
des associations impliquées dans ces activités de prévention. Sur le plan du déminage, une équipe
mobile, capable d’intervenir sur tous les chantiers techniquement
difficiles de la région, continuera d’offrir ses services là où cela
est nécessaire. Les activités de formation de capacités
locales vont se poursuivre, principalement au Kosovo et en Albanie, à
travers les troupes de protection civile. IV . Description des
actions En 2004, quatre projets seront mis en œuvre : - prévention des risques d’accident en Bosnie-Herzégovine - formation et supervision de la protection civile au Kosovo - étude technique et formation de capacités locales en Albanie - déminage
direct au Kosovo. V . Public concerné Les bénéficiaires de ce programme sont
l’ensemble des personnes habitant dans des zones minées en Bosnie-Herzégovine,
au Kosovo et en Albanie. Au Kosovo : Mission intérimaire des
Nations unies (UNMIK), Bureau de coordination des troupes de protection
civile (OKPCC). En Albanie : Programme des Nations
unies pour le développement (PNUD), Centre d’action contre les mines (AMAE). En Bosnie-Herzégovine : ministère
de l’Education, associations impliquées dans la prévention des
accidents par mines, Centre d’action contre les mines (BHMAC). VI . Moyens mis en oeuvre VII . Contacts Sur le terrain : En France :
|
| mercredi 17
novembre 2004, 17h46
Mines antipersonnel:
des progrès réels mais la bataille continue
BRUXELLES (AFP) - La bataille pour l'élimination des mines
antipersonnel dans le monde connaît d'"impressionnants" succès
mais elle n'est pas encore gagnée, un nombre "effrayant" de
personnes continuant à être tuées par ces engins, estiment les auteurs
d'un rapport international dévoilé mercredi à Bruxelles. Selon ce rapport, parrainé conjointement par la Campagne
internationale pour l'interdiction des mines (ICBL) et Handicap
International, l'utilisation des mines antipersonnel dans le monde est en
"chute libre" depuis l'entrée en vigueur en 1999 du traité qui
interdit ce type d'armes.
"La norme internationale interdisant les mines antipersonnel
s'impose rapidement de par le monde (...) mais de grands défis subsistent
encore pour rallier certains gouvernements au traité et déminer dans le
délai de 10 ans imposé par le traité", a affirmé à Bruxelles
Jody Williams, Prix Nobel de la Paix 1997 avec l'ICBL.
Le rapport 2004 fait notamment ressortir une baisse mondiale de 3,2%
des victimes en 2003, à 8.065 morts ou blessés (contre 8.333 en
2002).Toutefois, ce chiffre tient uniquement compte des cas répertoriés
et le nombre réel de victimes doit plutôt osciller entre 15.000 et
20.000, selon les auteurs.
"Nous savons que nous ne pouvons pas connaître toutes les
victimes", a expliqué M. Goose, pour qui "ce chiffre de 15 à
20.000 n'en représente pas moins une baisse significative" par
rapport au début des années 1990.
En outre, constate le rapport, il y a entre 300.000 et 400.000
survivants de mines dans au moins 121 pays à ce jour.
"La réduction du taux d'accident est encourageante, mais il y a
encore un nombre effrayant de personnes, en particulier des enfants, qui
sont tuées et blessées par les mines chaque année dans toutes les régions
du monde", a déploré de son côté Stan Brabant, de Handicap
International.
Quelque 143 Etats sont parties au traité sur les mines antipersonnel,
signé à Ottawa en 1997, qui interdit l'utilisation, la production, le
stockage et les transferts de mines antipersonnel et qui requiert le déminage
des zones minées dans un délai de 10 ans.
Mais, souligne le rapport, 42 Etats restent en dehors de la convention
d'Ottawa, dont les Etats-Unis, la Chine et la Russie.
Par ailleurs, au moins quatre Etats (Géorgie, Birmanie, Népal et
Russie) ont utilisé des mines antipersonnel depuis mai 2003, selon la même
source.
Côté victimes, le rapport constate que leur nombre a baissé de manière
significative, notamment dans les pays les plus touchés comme
l'Afghanistan, la Bosnie, le Cambodge, le Liban et le Sri Lanka.
La publication de ce rapport intervient avant le "sommet de
Nairobi pour un monde sans mine", qui se tiendra du 29 novembre au 3
décembre. Il s'agira de la première conférence d'examen de la
Convention d'Ottawa.
Pour Mme Williams, l'un des défis majeurs des prochaines années sera
de respecter l'échéance de 2009 pour le déminage des zones minées, un
objectif qui ne sera pas facile à atteindre pour nombre de pays.
Parlant d'une idée qui avait tout d'une "utopie" dans les
années 90, Jody Williams s'est cependant félicitée de la mobilisation
internationale, prédisant qu'"in fine, tous les Etats rejoindront le
traité". "C'est un exemple très clair prouvant que le multilatéralisme,
ça marche", a-t-elle dit. |
| Soutien du Canada à l'action
contre les mines en Europe et en Asie Centrale
Point de situation au 30 avril 2003 C'est en Europe et en Asie centrale qu'on trouve deux des 10 pays les plus contaminés par les mines terrestres, soit la Bosnie- Herzégovine et la Croatie. Le nombre estimatif des mines terrestres enfouies dans le sol est considérable. Toutefois, c'est le nombre des victimes, la superficie des terres arables laissées en friche, l'impact sur les économies locales et la lenteur des travaux de reconstruction qui sont les indicateurs les plus probants des effets dévastateurs des mines. L'aspect le plus insidieux de ce fléau est la crainte que les mines provoquent du fait qu'elles nient aux êtres humains le droit de vivre et de se déplacer librement dans leur vie de tous les jours. L'Europe s'est placée aux premiers rangs de la campagne en vue d'interdire les mines antipersonnel. Depuis les premiers appels à l'action lancés par les observateurs sur le terrain au milieu au milieu des 90 jusqu'aux efforts ininterrompus des êtats pour assurer la mise en application de la Convention d'Ottawa, elle n'a pas cessé de manifester un engagement sincère envers l'action contre les mines. À présent, 40 pays d'Europe et d'Asie centrale ont signé la Convention d'Ottawa, et 35 l'ont ratifié ou ont accédé, signifiant par là qu'ils ont accepté les obligations qu'elle impose aux signataires. L'Europe et l'Asie centrale restent au cœur des priorités du Fonds canadien contre les mines terrestres, établi en 1997 par le premier ministre Jean Chrétien en vue d'appuyer la campagne mondiale contre les mines. L'apport du Canada aide les pays d'Europe et d'Asie centrale à s'acquitter des obligations contractées en vertu de la Convention d'Ottawa, à répondre aux besoins des populations touchées et à mobiliser les ressources globales en vue de l'action contre les mines. Aide aux victimes Les programmes d'aide aux victimes englobent les besoins immédiats et à long terme des victimes des mines terrestres, depuis les traitements d'urgence jusqu'à la réinsertion sociale et économique. L'apport du Canada à ces programmes aide les survivants des mines à reconstruire leur vie et leur village ou leur quartier. En Bosnie-Herzégovine, le Canada appuie un projet d'en - traide par les pairs mené par l'Université Queen's à l'intention des survivants des mines et d'autres personnes handicapées. La formation de moniteurs pour cette activité et de professionnels de la santé locaux porte sur des aspects tels que les soins aux amputés, la prothétique et l'orthétique, les problèmes psychosociaux, l'interaction familiale et communautaire et l'entrepreneuriat. Le Canada a également versé des contributions à l'organisme ICI (International Children's Institute) pour appuyer son projet de soutien aux enfants victimes des mines en Bosnie-Herzégovine. Ce projet vise à développer les aptitudes à l'adaptation des enfants touchés par les mines terrestres afin de favoriser leur réinsertion à l'école et dans leur milieu communautaire. Déminage Pour pouvoir répondre aux besoins humanitaires des populations qui vivent à proximité de champs de mines, il est essentiel de nettoyer ces derniers et de les rendre à une utilisation sûre et productive. Le Canada appuie la mise au point de modèles de déminage qui tiennent compte de l'impact des mines sur la population locale, en vue de renforcer l'aptitude de ses partenaires locaux à déminer les zones prioritaires. En Bosnie-Herzégovine, le Canada participe aux programmes de déminage des organismes NPA (Norwegian People's Aid) et Akcija Protiv Mina, mis en œuvre par Handicap International, et à ceux des forces armées des Entités — Fédération de Bosnie-Herzégovine et Republika Srepska — réalisés par la Force de stabilisation (SFOR), dont la portée s'étend à tout le pays. Tous ces programmes font appel à des techniques intégrées reposant sur le déminage manuel et sur le recours à des équipes canines de détection et à des appareils mécaniques. En Bosnie-Herzégovine et en Croatie, le Canada accorde son appui au groupe CIDC (Canadian International Demining Corps), qui s'occupe de la formation, de l'accréditation et du déploiement de 36 équipes canines de détection des mines. En Yougoslavie, le Canada a accordé une aide financière, par l'intermédiaire de la Commission du Danube, destinée à l'enlèvement des mines et des engins non éclatés en vue de rouvrir cette importante voie fluviale. Le Canada a joué un rôle important dans le cadre du programme contre les mines mené au Kosovo sous l'égide des Nations Unies, qu'on qualifie généralement de grande réussite. Près de 45 000 mines et engins non éclatés ont été détruits et plus de 30 millions de m2 de terrain ont été déminés. En Macédoine, le Canada a financé l'acquisition de matériel de protection et la prestation d'une formation liée à ce matériel dans le but d'élargir les opérations de déminage. Le Canada a aussi accordé des fonds pour l'achat de détecteurs de mines pour appuyer les opérations de déminage au Bélarus Destruction des stocks La destruction des stocks est une opération essentielle pour prévenir la prolifération des mines, et il s'agit d'une tâche qui peut présenter des difficultés techniques. C'est pourquoi le Canada apporte un soutien aux pays, en particulier des États parties de la Convention d'Ottawa, pour les aider à s'acquitter de leur obligation de détruire leurs stocks de mines. En Albanie, le Canada a parrainé un projet du fonds d'affectation spéciale du Partenariat pour la paix (PPP) de l'OTAN, géré par la NAMS A, l'Agence d'entretien et d'approvisionnement de l'OTAN, en vue de la destruction de 1,6 million de mines. Les travaux de destruction ont pris fin en avril 2002, sans incident, deux ans avant le délai prévu. Le Canada a aussi retenu les services du Centre International de Déminage Humanitaire - Genève dans le but de superviser les mesures de vérification et d'assurance de la qualité s'appliquant à ce projet. |
| Aperçu des interventions
canadiennes de déminage Une tâche laborieuse
18 décembre 2002 De nombreuses régions des Balkans sont littéralement paralysées par la présence de mines terrestres et de munitions non explosées. On a calculé qu’il resterait encore un million de mines terrestres en Bosnie-Herzégovine et 1,2 million de mines terrestres en Croatie. Ces « tueurs silencieux », comme on les appelle, se trouvent partout : dans les maisons et les écoles, le long des routes, sur les versants des montagnes et sous la surface des lacs. Le déminage est un travail lent, laborieux et dangereux qui pourrait s’étendre sur 50 ans dans certaines régions. Si la fabrication et l’installation d’une mine terrestre coûtent environ 3 $, il faut parfois dépenser 1 000 $ pour s’en débarrasser. Tant que le déminage ne sera pas terminé, bien des installations essentielles demeureront interdites d’accès. Les agriculteurs ne peuvent se rendre dans leurs champs, où le moindre pas met leur vie en danger. Un tueur silencieux à débusquer Avant le déminage, l’équipe de démineurs procède à deux reconnaissances pour déterminer l’emplacement des terrains que l’on soupçonne être minés. La reconnaissance de niveau I consiste à interroger la population locale. Les habitants des lieux savent généralement où se trouvent les mines. Ces renseignements sont précieux, l’équipe de déminage étant en mesure dès le début de circonscrire la zone minée. Afin de réduire la superficie de la zone qui aurait été minée, l’équipe de déminage procède à la reconnaissance de niveau II qui consiste à faire sonder le terrain par des démineurs professionnels équipés de détecteurs de métal ou accompagnés de chiens détecteurs. Il est parfois ainsi possible de réduire des neuf dixièmes la zone où l’on soupçonne que des mines ont été posées. Après avoir indiqué clairement les limites de la zone restante à l’aide de rubans et de pancartes, l’équipe lui assigne un niveau de priorité conformément aux lignes directrices du Centre d’action antimines des Nations Unies. Les routes principales, les maisons, les villages et communes, les écoles et les hôpitaux sont déminés en priorité, suivis des routes secondaires, des lignes de transport d’électricité, des puits et des stations de pompage, des champs cultivés, des forêts et des régions peu peuplées.
Les interventions de déminage dans les zones désignées sont minutieuses. On a recours à quatre modes d’intervention :
Le déminage manuel L’utilisation de chiens détecteurs Le déminage mécanique La neutralisation des munitions explosives
De bons résultats Axées principalement sur le soutien aux institutions, le déminage, la sensibilisation aux mines et l’aide aux victimes, les interventions canadiennes ont contribué à réduire considérablement le nombre de blessures et de décès causés par les mines en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo. La formation de démineurs locaux représente également un aspect important de l’action antimines dans les Balkans.
L’action antimines : Vaincre la peur De nombreuses régions des Balkans sont littéralement paralysées par la présence de mines terrestres et de munitions non explosées. Le déminage est un travail lent, laborieux et dangereux qui pourrait s’étendre sur 50 ans dans certaines zones. Si la fabrication et l’installation d’une mine terrestre ne coûtent qu’environ 3 $, il faut parfois dépenser 1 000 $ pour s’en débarrasser. Tant que le déminage n’est pas terminé, bien des installations essentielles demeurent interdites d’accès. Les agriculteurs ne peuvent se rendre dans leurs champs, où le moindre pas met leur vie en danger. Axées principalement sur le soutien aux institutions, le déminage, la sensibilisation aux mines et l’aide aux victimes, les interventions canadiennes ont contribué à réduire considérablement le nombre de blessures et de décès causés par les mines en Bosnie et au Kosovo. La formation de démineurs locaux représente également un aspect important de l’action antimines dans les Balkans. Au Kosovo, grâce au travail des équipes canadiennes de déminage, des villages où habitent plus de 12 000 personnes viennent d’être réalimentés en électricité et eau, ce qui a permis aux agriculteurs de reprendre l’exploitation de leur ferme. Sous la direction de l’International Demining Alliance of Canada, ces équipes ont dû travailler tantôt dans des cours d’école, tantôt dans des champs de culture, tantôt dans des zones montagneuses où seuls des chevaux pouvaient circuler.
|
Un système de déminage suisse dans les BalkansBerne, 4 avril 2000 Information aux médias Un système de déminage suisse dans les Balkans Le DDPS participe à la campagne de déminage et de destruction des engins non explosés menée par la Communauté internationale en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo en mettant à sa disposition plus de 8'600 unités d'un système de désamorçage développé en Suisse. Cette nouvelle technologie profitera aussi bien à des organisations humanitaires qu'à la KFOR au Kosovo. LEntreprise suisse de munitions (SM) a récemment commercialisé un système permettant de désamorcer les ratés et de détruire les mines en évitant tout contact manuel. Une telle innovation réduit considérablement le risque lié à la neutralisation des munitions non explosées et d'accélérer sensiblement le processus de déminage, notamment dans les cas complexes. Le système suisse, officiellement intitulé Système SM-EOD, a rencontré un large écho dans le mon-de militaire et a déjà été vendu à plusieurs armées. Les organisations humanitaires actives dans le domaine du déminage se sont elles aussi montrées intéressées par cette nouvelle technologie, même si elle reste jusqu'à présent hors de leur capacité financière. Le DDPS a donc décidé d'équiper, à ses frais, divers organismes occupés au déminage en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo du système SM-EOD. Le premier organisme concerné par cette mesure sera l'organisation non-gouvernementale allemande "Help", mandatée par plusieurs organisations internationales pour encadrer des projets concrets de déminage dans la région. Travaillant sur le modèle de l'aide à l'autonomie, "Help" sélectionne des autochtones pour en faire des spécialistes du déminage, elle les équipe et les en-voie ensuite au front. L'armée suisse coopère avec cette ONG depuis 1998, en mettant occasionnellement à sa disposition des véhicules, des moyens de transport et des gardes-fortifications (six à ce jour). La KFOR profitera également de ce nouveau système et l'utilisera aussi bien pour couvrir l'engagement de ses troupes que pour renforcer sa collaboration avec des organisations civiles. Enfin, il est prévu de livrer le système SM-EOD au Centre de déminage de l'ONU au Kosovo, organisme coordonnant les opérations de déminage des organisations humanitaires dans cette région. Cette initiative du DDPS, qui outre la livraison des systèmes SM-EOD comprend également la formation des spécialistes sur place, s'inscrit dans le cadre des activités suisses en faveur de la promotion de la paix. Elle s'ajoute aux contributions de la Suisse aux opérations de déminage et de destruction des ratés, qui se résumaient jusqu'à présent au financement de projets de déminage concrets et au détachement de deux spécialistes suisses auprès du Centre de déminage de l'ONU. Le coût total de l'opération se monte à près de Fr. 300'000.--. |
