Mise à jour : 10 Juin 2010 Sélection d'articles et d'information 2010

 

 

 

 

Le rapport 2009

 

Le lien vers le site du TPIY où vous trouverez les rapports annuels

 

Ici, vous trouverez les photos des personnes condamnées, en jugement ou recherchées de cette année. 

 

 

   
Mladic, toujours recherché
Radovan Karadzic Vujadin Popovic et Ljubisa Beara


     

 

 

Jeudi 10 juin 2010 - 23h10

Srebrenica: deux Serbes condamnés à la prison à vie

 

Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) a condamné jeudi deux Serbes de Bosnie à la prison à perpétuité pour génocide lors du massacre de 8 000 hommes et garçons musulmans dans l'enclave de Srebrenica en 1995. C'est le jugement le plus sévère jamais rendu par le TPIY pour des crimes commis durant la guerre en Bosnie (1992-95).

Ex-officiers de haut rang dans l'armée bosno-serbe, Vujadin Popovic et Ljubisa Beara ont été reconnus coupables de génocide, extermination, meurtre et persécution. Cinq autres anciens responsables de l'armée et de la police bosno-serbes ont écopé de peines de prison pour des crimes commis dans les enclaves de Srebrenica et Zepa, dans l'est de la Bosnie.

Le TPIY a ainsi condamné Drago Nikolic à 35 ans de prison pour avoir aidé et encouragé le génocide, l'extermination, le meurtre et la persécution; Radivoje Miletic à 19 ans de prison pour meurtre, persécution et actes inhumains; Ljubomir Borovcanin à 17 ans de prison pour avoir aidé et encouragé l'extermination, le meurtre, la persécution, le déplacement forcé, et pour meurtre; Vinko Pandurevic à 13 ans pour avoir aidé et encouragé le meurtre, la persécution, et les actes inhumains; et Milan Gvero à 5 ans pour persécution et actes inhumains.

Ce procès est le plus vaste jamais conduit par le TPIY, fondé en 1993. Son issue pourrait influer indirectement sur le procès de l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, qui s'est ouvert l'an dernier à La Haye. Figure clé de la guerre en Bosnie, Karadzic est également accusé de génocide pour le massacre de Srebrenica.

Dans leur verdict jeudi, les juges ont estimé que les crimes les plus graves des accusés avaient été commis en vertu d'une directive de Karadzic appelant à créer «une situation insupportable d'insécurité totale sans aucun espoir de survie» pour la population de Srebrenica.

Natasa Kandic, militante des droits de l'Homme qui a enquêté sur les crimes de guerre dans les Balkans, estime que les jugements rendus jeudi sont «extrêmement importants» pour le procès de Radovan Karadzic et les futurs procès contre des suspects de rang inférieur. «Tous les faits établis par le tribunal sont importants pour ces procès», a-t-elle déclaré à Belgrade.

Le TPIY a estimé que Popovic, chef de la sécurité de la Drina, avait organisé l'exécution de prisonniers dans une école à Orahovac. ôô(Il) savait que le but n'était pas simplement de tuer ceux qui étaient tombés entre les mains des forces bosno-serbes, mais de tuer le plus de personnes possible», souligne le verdict. Selon les juges, sa «participation active» a montré qu'il partageait la volonté de détruire la communauté musulmane de Bosnie, un critère clé pour une condamnation pour génocide.

L'autre condamné à la perpétuité, Beara, a coordonné le meurtre de prisonniers musulmans et organisé les fosses communes, selon le TPIY. Il «était résolu à détruire un groupe en tuant tous ses membres qui se trouvaient à sa portée», précise le jugement.

Le TPIY n'avait auparavant reconnu coupable de génocide qu'un seul accusé: le général Radislav Kristic. Mais ce verdict de 2001 avait été cassé en appel et le chef d'inculpation rétrogradé en aide et incitation au génocide.

 

Arthur Max
Associated Press
La haye

 


Mardi 13 avril, 20h01
Premier témoin entendu au procès Karadzic


Premier témoin entendu dans le procès pour génocide de Radovan Karadzic devant le tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) de La Haye, un musulman bosniaque a raconté mardi aux juges que son beau-père avait été brûlé vif lors de la prise de son village par les Serbes au début de la guerre en Bosnie.
Ahmet Zulic a expliqué que son beau-père avait été tué par des Serbes qui avaient liquidé les survivants d'une attaque à l'artillerie contre le village à majorité musulmane près de Sanski Most (nord-ouest de la Bosnie-Herzégovine) en mai 1992.
Le témoin a également vu des Serbes contraindre une vingtaine de musulmans à creuser leur propre tombe avant de leur trancher la gorge ou de les abattre, a rapporté la procureur Ann Sutherland. Elle a précisé que M. Zulic avait été détenu au camp de Manjaca, près de Banja Luka, de juin à novembre 1992, période durant laquelle il a vu son poids fondre de 90 à 55 kilos.
M. Zulic a raconté avoir été frappé durant sa détention, des coups qui lui ont occasionné des fractures et une blessure au dos. Il a précisé que ses geôliers lui ont un jour cassé les doigts pour avoir refusé de faire le signe de croix. Pour gagner du temps, le témoignage de M. Zulic avait été remis par écrit aux juges, et il n'a ainsi pas eu à raconter à nouveau toute son histoire à l'audience.
Il a toutefois déclaré devant la cour avoir été battu "presque jusqu'à la mort" après avoir permis à des employés de la Croix-Rouge d'examiner ses blessures lors d'une inspection au camp de Manjaca. Deux autres musulmans qui avaient laissé le CICR les examiner ont eux été frappés à mort, a-t-il précisé.
Le témoignage visait à illustrer la campagne sauvage menée par les Bosno-Serbes au début de la guerre en Bosnie (1992-95) pour créer un mini-Etat ethniquement "pur". Bien qu'Ahmet Zulic n'ait pas mentionné Karadzic au début de son témoignage, l'accusation affirme que l'ancien dirigeant bosno-serbe a orchestré ce plan.
Le procès Karadzic est le plus important à se tenir devant le TPIY depuis que l'ancien président yougoslave Slobodan Milosevic est mort dans sa cellule en 2006, avant que les juges ne parviennent à un verdict.
S'il assure sa défense, Radovan Karadzic, 64 ans, a déclaré aux juges qu'il n'avait pas l'intention de témoigner dans le cadre de son procès pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre qui s'est ouvert en octobre. Il se dit innocent et affirme que les Serbes se défendaient contre ce qu'il décrit comme un complot fondamentaliste visant à transformer la Bosnie en République islamique.
A l'audience, Karadzic a interrogé Ahmet Zulic, notamment sur l'organisation d'une résistance armée parmi les musulmans de Bosnie avant l'éclatement du conflit. M. Zulic a déclaré qu'il n'en avait pas eu connaissance dans son village, même s'il a reconnu avoir acheté une mitrailleuse à un Serbe.
A l'ouverture de l'audience, les juges ont averti Karadzic qu'ils ne lui permettraient pas de mettre des heures pour interroger les témoins de l'accusation, comme Milosevic l'avait souvent fait avant lui, assurant aussi sa propre défense.
L'accusation dispose de 300 heures pour présenter son dossier contre Karadzic. Il englobe la campagne brutale de purification ethnique menée contre les musulmans et les Croates en Bosnie, le siège meurtrier de Sarajevo et le massacre de Srebrenica, où les forces serbes tuèrent 8.000 musulmans. AP

 

 

Lundi 1er mars 2010

Radovan Karadzic affirme que sa cause était "juste et sacrée"

L'ancien chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic a affirmé que son peuple avait mené un combat "juste" et "sacré" contre les fondamentalistes musulmans à l'origine, selon lui, de la guerre de Bosnie, lundi à la reprise de son procès pour génocide devant le tribunal de La Haye.


"La cause" serbe "est juste et sacrée", a déclaré M. Karadzic, 64 ans, présent pour la première fois à son procès depuis son ouverture le 26 octobre 2009 devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY).
Il a nié avoir jamais eu l'intention d'expulser les non-Serbes de Bosnie pour créer un Etat serbe ethniquement pur, affirmant que les Serbes n'avaient cherché qu'à sauver leurs propres vies et leurs propriétés. "Il n'y a jamais eu d'intention, jamais d'idée ou de plan d'expulser les Musulmans et les Croates", de la Republika Srbska, la république autoproclamée des Serbes de Bosnie, a-t-il assuré dans sa déclaration liminaire qu'il prononcera jusqu'à mardi.
Selon l'accusé, un noyau dur de chefs musulmans bosniaques "complotaient" en faveur du "fondamentalisme islamique" depuis 1991 et cherchaient à s'emparer de la Bosnie. Leur rejet de toutes les propositions de partage du pouvoir est à l'origine de l'implosion de la Yougoslavie et de la guerre civile, a-t-il affirmé.
M. Karadzic, qui se défend seul, s'est décrit comme un conciliateur, disposé dans les années précédant la guerre à contenir les ambitions serbes de préserver l'unité de la Fédération yougoslave ou de réunir les territoires bosno-serbes à la Serbie.
Selon l'accusé, les Serbes sont les premières victimes des violences: ils ont été tués par les musulmans qui avaient "du sang sur leurs mains" et dont "la conduite a mené à notre conduite".
"Les Serbes réclamaient leurs propres territoires, ce n'est pas un crime", a-t-il ajouté, assurant avoir "un bon dossier" et des "preuves solides".
Radovan Karadzic est accusé de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis durant la guerre de Bosnie qui a fait 100.000 morts et 2,2 millions de déplacés entre 1992 et 1995.
Selon l'accusation, il a orchestré une campagne de nettoyage ethnique visant à chasser les musulmans et les Croates de Bosnie en pour créer un Etat serbe ethniquement pur.
Cette campagne a inclus le siège de la capitale Sarajevo pendant 44 mois, ainsi que la torture et le meurtre de centaines de détenus dans des camps de concentration. Elle a culminé avec le massacre de quelque 8.000 hommes et garçons musulmans en juillet 1995 après la chute de l'enclave de Srebrenica, le plus sanglant qu'ait connu l'Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Inculpé dès 1995, Radovan Karadzic avait été arrêté en juillet 2008 à Belgrade après 13 ans de cavale. Il encourt la prison à perpétuité.
Le conseiller juridique de Radovan Karadzic, l'Américain Peter Robinson, a par ailleurs annoncé lundi avoir interjeté appel de la décision du TPIY rendue vendredi de ne pas accorder à l'accusé un ajournement de son procès jusqu'en juin.
M. Karadzic avait boycotté les trois premières audiences de son procès au motif qu'il n'avait pas eu suffisamment de temps pour préparer sa défense et étudier le dossier de l'accusation, lourd de plus d'un million de pages. L'avocat britannique Richard Harvey, qui lui a été imposé par le TPIY pour le représenter au cas où il maintiendrait son boycott, n'était pas présent à l'audience lundi.

 

Arthur Max - AP

 

 


Vendredi 26 février, 18h52
Un général bosno-serbe jugé pour génocide par le TPIY

Un procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) a accusé vendredi un général bosno-serbe d'avoir supervisé l'exécution de milliers de musulmans bosniaques pendant la guerre en Bosnie.


Le procureur Nelson Thayer a formulé ces accusations à l'ouverture du procès pour génocide du général Zdravko Tolimir, qui était un proche collaborateur de l'ancien général bosno-serbe Ratko Mladic, actuellement en cavale.
Zdravko Tolimir est un des plus hauts gradés à être jugé par le TPIY, créé par l'ONU en 1993. Il est le dernier détenu dont le procès s'ouvre au TPIY, dans l'attente des éventuelles arrestations et extraditions à La Haye de l'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, et d'un autre fugitif, Goran Hadzic.
D'après Nelson Thayer, Zdravko Tolimir, 61 ans, a autorisé et supervisé l'exécution et l'enterrement de milliers de musulmans dans les enclaves de Srebrenica et de Zepa en 1995.
Zdravko Tolimir, qui fait face à huit chefs d'accusation de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, assure lui-même sa défense. Il a plaidé innocent des faits qui lui sont reprochés.
Le procès de Zdravko Tolimir commence alors que le procès de l'ex-chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, doit reprendre lundi. Il doit assurer lui-même sa défense.
Vendredi, le TPIY a rejeté la demande de Karadzic de faire reporter l'appel des témoins dans son procès jusqu'à la mi-juin. AP