Kosovo

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Dans cette page : mise à jour le 27 avril 2008

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Actualité 2008

Dimanche 27 avril, 14h34

Nouvel incident au Kosovo, au moment où se profile un accord Serbie-UE

L'explosion d'une grenade a fait trois blessés dimanche dans le nord du Kosovo, nouvel incident qui illustre les tensions dans cette région au moment où l'Union européenne serait disposée à donner son feu vert à la signature d'un accord d'association avec la Serbie.

L'explosion, dont les causes ne sont pas connues, est intervenue aux premières heures de la Pâque orthodoxe. Elle fait suite à une série d'incidents qui ont secoué le nord du Kosovo, peuplé majoritairement de Serbes, depuis la proclamation de l'indépendance de ce territoire adossé à la Serbie, le 17 février.

A 01h14, une explosion a fait trois blessés lors d'une explosion dans le nord du Kosovo, survenue dans la nuit de samedi à dimanche dans le nord du Kosovo. Par ailleurs, la police kosovare a saisi, samedi, trois kilogrammes de TNT, des armes automatique de type AK 47, un revolver et des munitions dans une maison à Kosovska Mitrovica, selon M. Hoti. Trois jeunes Serbes, âgés de 17 à 21 ans, ont été arrêtés.

Des accrochages le 17 mars entre des policiers de l'ONU et des soldats de la Force multinationale de paix (KFOR) au Kosovo, et des groupes de Serbes, avaient déjà fait un mort, un policier ukrainien, et plus de 150 blessés.

Une équipe d'enquêteurs spéciaux de l'ONU est arrivée samedi à Pristina avec pour mission d'enquêter sur ces violences.

L'indépendance du Kosovo, une province du sud de la Serbie peuplée à plus de 90% d'Albanais, proclamée par les leaders kosovars albanais, a envenimé les relations entre la Serbie et l'UE et provoqué une crise politique en Serbie.

Reconnue par une quarantaine de pays, dont les Etats-Unis et les principaux membres de l'UE, l'indépendance n'est pas acceptée par Belgrade, les Serbes du Kosovo et la Russie.

Le Premier ministre serbe nationaliste Vojislav Kostunica a dissous le gouvernement en mars, estimant qu'il ne pouvait plus diriger le pays avec les pro-européens du président Boris Tadic.

Des législatives anticipées ont été convoquées pour le 11 mai et Belgrade entend les organiser également au Kosovo, traitant ainsi ce territoire comme une province serbe et défiant l'ONU qui administre le Kosovo depuis 1999.

Les incidents de ce week-end interviennent au moment où l'UE se reprend à espérer la signature d'un accord d'association avec Belgrade qui apporterait, avant les législatives, un soutien appuyé au camp serbe pro-européen en difficulté.

La Serbie a en effet ratifié en novembre l'Accord de stabilisation et d'association avec l'UE, mais ne l'a toujours pas signé, ayant échoué à remplir la seule condition posée, c'est-à-dire une pleine coopération avec le Tribunal pénal international (TPI) de La Haye.

Quatre derniers fugitifs serbes sont encore recherchés par la justice internationale pour crimes de guerre, notamment le général Ratko Mladic.

La Belgique et les Pays-Bas, qui s'opposaient jusqu'à présent à la signature de l'accord avec Belgrade, se sont déclarés samedi disposés à donner leur feu vert au rapprochement, conditionnant sa mise en oeuvre à "une pleine coopération" de Belgrade avec la justice internationale.

"Ceci est une bonne nouvelle pour la Serbie", a estimé le président du parlement serbe, le pro-européen Oliver Dulic, dans une déclaration à l'agence Tanjug.

"Ceci permettra à la Serbie et à ses citoyens de sentir, dans le temps qui est devant nous, les conséquences positives du rapprochement à l'UE", a-t-il indiqué.

La signature de l'accord devrait être discutée mardi à Luxembourg par les chefs de la diplomatie de l'UE.

Dimanche, Boris Tadic s'est rendu au Kosovo, pour la première fois depuis la proclamation d'indépendance, pour fêter la Pâque orthodoxe au monastère serbe Visoki Decani.

Environ 40.000 Serbes, qui sont majoritairement orthodoxes, sur les 120.000 restés au Kosovo vivent dans le nord de ce territoire qui est adossé à la Serbie.

Les leaders kosovars albanais ont proclamé le 17 février l'indépendance du Kosovo, qui a rapidement été reconnue par une quarantaine de pays, dont les Etats-Unis et les principaux membres de l'Union européenne.

Depuis la proclamation d'indépendance du Kosovo, plusieurs incidents ont secoué le nord du territoire notamment le 17 mars dernier lorsque des accrochages entre des policiers de l'ONU et soldats de la Force multinationale de paix (KFOR) au Kosovo et des Serbes avaient fait un mort, un policier ukrainien, et plus de 150 blessés, des internationaux et des civils serbes.

Une équipe d'enquêteurs spéciaux de l'ONU est arrivée samedi à Pristina avec pour mission d'enquêter sur ces violences. Cette équipe devrait se rendre à Kosovska Mitrovica et ensuite à Belgrade le 5 mai.

Par ailleurs, la police kosovare a saisi, samedi, trois kilogrammes de TNT, des armes automatique de type AK 47, un revolver et des munitions dans une maison à Kosovska Mitrovica, selon M. Hoti. Trois jeunes Serbes, âgés de 17 à 21 ans ont été arrêtés.

Ces incidents interviennent alors que le président serbe Boris Tadic se trouve au Kosovo pour fêter la Pâque orthodoxe au monastère serbe Visoki Decani, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, ont annoncé les autorités kosovares.

Boris Tadic séjourne au Kosovo pour la première fois depuis que le territoire a proclamé son indépendance.

Belgrade, qui juge illégale l'indépendance du Kosovo, a prévu d'y organiser le 11 mai prochain les mêmes élections législatives et municipales qu'en Serbie, malgré l'opposition de l'ONU qui administre le territoire depuis la fin du conflit de 1998-1999 entre les forces serbes et les séparatistes albanais du Kosovo.

La Serbie, soutenue par la Russie, s'oppose farouchement à l'indépendance de sa province, peuplée à plus de 90% d'Albanais, qu'elle considère comme son berceau historique.

 

 

 

La mission Eulex au Kosovo :

La mission européenne Eulex au Kosovo relève de la mission État de droit de la PESD

Un lien utile du Conseil de l'Europe sur le Kosovo et le site de la mission Eulex

 

 

Lundi 7 avril 2008, 17h37

Les dirigeants du Kosovo signent la Constitution

PRISTINA, Kosovo - Les dirigeants du Kosovo ont signé la nouvelle Constitution du pays, qui entrera en vigueur le 15 juin et mettra fin à la tutelle exercée par les Nations unies depuis la fin l'offensive de Belgrade sur l'ex-province serbe en 1999.

"Cette Constitution est un document qui garantit la liberté. (Elle) instaure l'égalité des chances entre tous les citoyens du Kosovo", a affirmé le Premier ministre Hachim Thaci.

Cette loi fondamentale garantit le respect des droits des minorités du Kosovo et notamment des 10 de Serbes, qui craignent des violences et discriminations de la part de la majorité albanophone, qui constitue environ 90% des deux million d'habitants du nouvel Etat.

Les Serbes du Kosovo cherchent la protection de la Serbie, qui a envisagé d'annexer les régions du nord du Kosovo où les Serbes sont majoritaires. Pristina a déclaré unilatéralement son indépendance de la Serbie le 17 février.

La Constitution signée lundi a été approuvée par le représentant de l'Union européenne au Kosovo. AP

 

 

Mercredi 19 mars 2008

L'Otan place le nord du Kosovo sous sa férule

Mitrovica -- L' OTAN a imposé hier un contrôle militaire de fait à la ville de Mitrovica, dans le nord du Kosovo, au lendemain d'affrontements avec la minorité serbe qui ont causé la mort d'un policier ukrainien et provoqué l'évacuation de membres du personnel de l'ONU.

La KFOR (force de paix de l'OTAN) et la MINUK (mission de l'ONU) ont ordonné à tous les policiers serbes locaux de garer leurs véhicules de patrouille, de rentrer chez eux et d'interrompre leurs tâches.

Les policiers de l'ONU ayant déjà quitté les lieux, des soldats français, belges et espagnols sont seuls pour faire respecter l'ordre public dans la partie nord du Kosovo, où la population est dominée par des Serbes opposés à l'indépendance proclamée le 17 février par la majorité de souche albanaise.

«La KFOR a placé le nord [serbe] de Mitrovica sous "régime militaire"», a dit un représentant de la sécurité kosovare qui a requis l'anonymat.

«Nous n'avons pas organisé la loi martiale», a précisé le général Xavier Bout de Marnhac, commandant de la KFOR, lors d'une conférence de presse à Pristina. «Ce n'est pas dans notre intention, à ma connaissance, pour le moment», a-t-il ajouté. Il a toutefois prévenu que les émeutes de lundi avaient marqué le franchissement d'une ligne rouge inacceptable. «Nous n'allons pas tolérer cela. Ne nous mettez pas en position de le démontrer à nouveau», a-t-il dit.

Une colonne de militaires américains, certains en tenue anti-émeute, s'est déployée hier dans la partie sud de Mitrovica pour prêter main-forte, selon un soldat interrogé. Elle était stationnée dans le sud-est du Kosovo.

Au commissariat principal de Mitrovica, une trentaine de policiers serbes portant fourre-tout et gilets pare-balles sont passés devant des blindés belges surveillant les abords d'un parking.

«À la suite des événements d'hier [lundi], la KFOR a endossé la responsabilité du nord de Mitrovica et occupe le commissariat du secteur nord», a dit le capitaine Milija Milosevic.

Des véhicules de transport de troupes ont pris position aux points stratégiques de Mitrovica. Le pont principal de la rivière Ibar, qui sépare le secteur serbe (nord) du secteur albanais (sud), était barré par des barbelés et des conteneurs à ordures renversés.

Un policier ukrainien de l'ONU a succombé à ses blessures après les accrochages de lundi, qui ont fait suite à une opération de l'ONU et de l'OTAN visant à reprendre le contrôle du tribunal de Mitrovica, occupé depuis vendredi par des Serbes. Selon un responsable de l'ONU, l'Ukrainien avait reçu des éclats de grenade.

Des policiers polonais, français et ukrainiens ont aussi été blessés, certains grièvement.

Les violences de lundi ont mis en évidence les risques liés au projet de déploiement d'une mission européenne de police et de justice dans les deux prochains mois au Kosovo.

Un policier ukrainien de l'ONU a succombé à ses blessures après les accrochages de lundi, qui ont fait suite à une opération de l'ONU et de l'OTAN visant à reprendre le contrôle du tribunal de Mitrovica, occupé depuis vendredi par des Serbes. Selon un responsable de l'ONU, l'Ukrainien avait reçu des éclats de grenade.

Des policiers polonais, français et ukrainiens ont aussi été blessés, certains grièvement. Mais la KFOR, qui compte 16 000 hommes, a exclu d'assumer des tâches de police dans le nouvel État, fonction que les Nations unies sont censées déléguer à l'Union européenne.

Selon des sources diplomatiques, la Serbie a proposé ce week-end d'administrer les zones à majorité serbe du Kosovo, un plan qui conduirait à une partition de facto du nouvel État indépendant autoproclamé. La proposition a été présentée par le ministre serbe pour le Kosovo, Slobodan Samardzic, mais elle a été rejetée par les administrateurs des Nations unies.

Le chef adjoint de la MINUK, Larry Rossin, a confirmé hier que Samardzic, qu'il a rencontré ce week-end, avait présenté un document visant à établir un schéma de relations globales entre la Serbie et la MINUK. Mais il n'a rien dévoilé du contenu.

 

 

 

Le Kosovo, un pays sans économie

jeudi 28 février 2008

par Adam Novak

Le Kosovo a proclamé unilatéralement son indépendance le 17 février. Les enjeux géopolitiques ont été largement discutés, mais la viabilité de l’État kosovar et, surtout, la faiblesse de son économie ont été occultées. Les pays occidentaux portent une lourde responsabilité dans cet échec économique. Le Kosovo est de loin l’État le plus pauvre d’Europe. Le revenu annuel par habitant est d’un peu plus de 1000 $, l’équivalent de l’Éthiopie. C’est dix fois moins que les plus démunis de l’Union européenne, la Bulgarie et la Roumanie. L’économie de subsistance du Kosovo est demeurée inchangée en huit ans d’administration onusienne. Le niveau de vie de ses deux millions d’habitants est toujours plus bas qu’avant la centralisation des pouvoirs par le gouvernement serbe en 1989.

Comment une telle pauvreté est-elle possible en Europe ?

Le Kosovo a toujours été la région la plus démunie de l’ex-Yougoslavie. Mais le système socialiste de l’époque assurait des investissements dans les infrastructures, l’industrie, les services sociaux et les institutions autonomes, et ce, pour la première fois dans l’histoire du Kosovo. À la fin des années 1980, le gouvernement nationaliste serbe de Slobodan Milosevic a permis à la minorité serbe de la province de saisir les ressources économiques et le pouvoir politique. Les albanophones ont alors perdu leurs emplois dans l’administration publique et dans les entreprises d’État. La plupart des Kosovars ont survécu grâce à une agriculture pratiquée à petite échelle et à l’argent envoyé par des proches travaillant à l’étranger.

La guerre de l’OTAN contre la Serbie en 1999 a provoqué la destruction de la plupart des infrastructures et des entreprises du Kosovo, en raison des bombardements ou à cause des pillages des albanophones qui voulaient ainsi se venger des Serbes qui les avaient humiliés.

L’administration des Nations unies s’est rapidement déployée, et elle a dirigé le Kosovo comme un protectorat des puissances occidentales, jusqu’à la déclaration d’indépendance du 17 février.

Cette administration onusienne a lamentablement échoué à stimuler le développement économique pour sortir la population de la pauvreté. Par exemple, « l’aide » alimentaire larguée au Kosovo a mis en faillite les paysans locaux. Ils ont été forcés d’abattre leurs animaux et de laisser leur champ en friche. Le libre-échange a été imposé et le dinar yougoslave a été remplacé par le mark allemand (le Kosovo est par conséquent entré dans la zone euro dès 2002).

Comme la Bosnie, le Kosovo est en quelque sorte devenu un protectorat de l’Union européenne. Un marché marginal, mais facile à conquérir pour les entreprises européennes. Elles dominent les compagnies locales qui n’arrivent pas à les concurrencer et qui sont coupées de leur ancien marché dans l’ex-Yougoslavie.

Malgré la séparation de facto avec la Serbie depuis 1999, les entreprises serbes ont été en mesure de profiter du marché kosovar. Ceci est même vrai dans un domaine aussi vital que l’alimentation, alors que, traditionnellement, c’était le Kosovo qui envoyait de la nourriture en Serbie. Le voisin slave est maintenant le plus important partenaire commercial du Kosovo. La balance commerciale du nouvel État est désastreuse. En 2007, la valeur des biens importés est dix fois plus grande que celle des biens exportés.

En plus de peu aider les petits paysans et les PME qui constituent la base de l’économie kosovare, l’administration de l’ONU a mis sur pied un programme néolibéral qui a permis aux investisseurs occidentaux de mettre la main sur les ressources naturelles (charbon, mercure, zinc, cuivre) et sur les entreprises de transformation agroalimentaire. Les infrastructures civiles ne peuvent être construites qu’avec des partenariats public-privé, et les domaines les plus lucratifs en santé et en éducation ont été laissés aux entreprises.

En refusant toute forme de contrôle étatique, l’ONU a créé une administration publique dépendant des droits de douane, de la taxe de vente et de subventions de l’Union européenne.

Pendant ce temps, la population tente tant bien que mal de survivre. Le secteur public est celui qui fournit le plus d’emplois. Le privé est dominé par les petits commerces qui n’embauchent que deux ou trois personnes payées au salaire minimum. L’agriculture se pratique à petite échelle et une géographie montagneuse ne permet pas de concurrencer les produits étrangers. L’argent envoyé par la diaspora représente 40 % du PNB.

Un État fragile

Avec l’indépendance, l’administration onusienne va être intégrée à l’administration locale. Le problème, c’est que les Kosovars qui travaillent pour l’ONU, généralement plus éduqués, gagnent davantage que leurs vis-à-vis. Leur intégration risque donc d’accroître la corruption, parce qu’ils vont tenter de maintenir leur niveau de vie, malgré un salaire moins élevé. Ces gens de la classe moyenne préfèrent travailler avec les donateurs étrangers, qui paient davantage et qui sont moins violents. Mais avec l’indépendance, plusieurs se sont rapprochés d’une ou l’autre des factions mafieuses qui contrôlent une grande partie du pays.

Les chefs régionaux, la plupart des dirigeants de l’UCK, la milice qui a combattu les Serbes, sont responsables de faire fonctionner l’État dans la majorité du territoire à l’extérieur de la capitale, Pristina. Ils contrôlent également les exportations les plus profitables, qui sont toutes illégales. Le Kosovo est une plaque tournante pour le trafic de drogues et de cigarettes vers l’Europe, ainsi que pour la traite des femmes employées dans l’industrie du sexe. Et comme l’observent cyniquement les Kosovars, dans ces sphères d’activités, la collaboration avec les Serbes ne pose pas de problème de conscience...

Le Kosovo dépendant de l’Union européenne

Même si l’Union européenne devrait continuer à financer l’État kosovar, ceci va se faire à condition que l’économie demeure ouverte aux investissements étrangers dans le secteur foncier, industriel et des services, tout en réduisant partiellement la contrebande et les autres activités criminelles. L’Europe va subventionner des projets d’infrastructure, mais il sera difficile pour les entreprises kosovares d’obtenir plus qu’une partie infime des contrats.

Il serait par ailleurs surprenant de voir les capitaux affluer dans un État aussi précaire. De plus, les pays voisins comme l’Albanie, la Grèce et la Turquie sont mieux placés pour accueillir les investisseurs. Les divers États de la région sont tous engagés dans une course effrénée pour attirer des capitaux avec des conditions salariales inférieures à toutes les normes européennes. Même dans le meilleur des cas, l’ouverture à l’Europe sera désavantageuse par rapport à ce que le Kosovo recevait en tant que composante de la fédération yougoslave.

Pendant que l’Union européenne demande au Kosovo de maintenir une économie ouverte aux investissements occidentaux, elle va empêcher l’immigration légale des Kosovars sur le marché du travail européen. Le manque de débouchés pour les jeunes risque toutefois de provoquer une situation sociale explosive. Le Kosovo possède le plus haut taux de natalité en Europe et le tiers de ses deux millions d’habitants ont moins de 14 ans. Il semble que son économie sera incapable de les faire travailler.

Article du Journal "Alternatives"

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MITROVICA, LUNDI 17 MARS 2008

Kosovo: violents affrontements dans le nord, 20 soldats français blessés

Des policiers de l'ONU ont essuyé lundi des tirs et plus de 140 personnes ont été blessées dans de violents affrontements dans le nord du Kosovo, majoritairement serbe, après une opération de police contre des Serbes un mois après l'indépendance du Kosovo.Face à cette situation, la police de l'ONU s'est retirée du nord serbe de Mitrovica, la ville ethniquement divisée du nord du Kosovo et dont le sud est albanais.La force de l'OTAN (Kfor) qui assure la sécurité sur tout le territoire du Kosovo depuis la fin de la guerre de 1998-1999 est toutefois restée dans la partie nord de Mitrovica.La tension, très forte dans le nord du Kosovo depuis la proclamation de l'indépendance le 17 février, a abouti à des violences après une opération de police dans la matinée de lundi pour déloger des Serbes qui, depuis vendredi dernier, occupaient deux tribunaux de l'ONU à Mitrovica, réclamant d'être placés sous l'autorité de l'Etat serbe.

63 membres de la police de la Mission de l'ONU (Minuk) ont été légèrement blessés, selon un porte-parole de la police kosovare à Pristina. Varsovie a précisé que 27 policiers polonais figuraient parmi les blessés.

Selon l'état-major des armées à Paris, 20 soldats français de la Kfor ont été blessés et huit d'entre eux hospitalisés. Environ 80 Serbes ont été blessés.

Lors de l'intervention, 53 Serbes ont été interpellés, 21 réussissant à prendre la fuite. Les 32 Serbes arrêtés (20 hommes et 12 femmes) ont été transférés à Pristina puis libérés dans la soirée et ramenés à Mitrovica, a indiqué le Service de police du Kosovo (KPS).

L'état-major français a indiqué que les militaires français de la Kfor avaient ouvert le feu en riposte à des tirs.

"Les affrontements ont commencé avec des jets de pierres et de cocktails Molotov", puis "des lancers de grenades et des tirs d'armes", a déclaré le porte-parole de l'état-major, le commandant Christophe Prazuck.

"Les éléments français, la Kfor et la police de la Minuk ont riposté à chaque fois, à niveau", a indiqué l'officier, ce qui signifie que les militaires français ont fait usage de leurs armes.

A Belgrade, le président Boris Tadic et le Premier ministre du gouvernement sortant Vojislav Kostunica, tous deux opposés à l'indépendance du Kosovo, ont appelé les autorités internationales au Kosovo à ne pas utiliser la force contre les Serbes.

M. Kostunica a indiqué que Belgrade avait "entamé des consultations avec la Russie sur une réaction commune afin d'arrêter toute forme de violence contre les Serbes".

La Commission européenne s'est déclarée "très inquiète", déplorant l'attaque contre la police de l'ONU et la Kfor.

Un porte-parole de l'OTAN a indiqué à Bruxelles que l'Alliance réagirait avec fermeté aux actes de violence tout en appelant à la modération.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a déploré les attaques contre la police de la Minuk et la Kfor et a appelé au calme et à la retenue.

En visite à Moscou, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a demandé à Belgrade d'appeler les Serbes de Mitrovica à éviter tout "acte de provocation".

Pour la Russie, soutien indéfectible de la cause serbe, "la situation ne peut être normalisée que par un retour du processus kosovar (...) sur la base d'un dialogue entre Belgrade et Pristina", a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères.

Le Conseil de l'Europe, la France et la Suède ont condamné les attaques contre les forces internationales.

L'Union européenne doit envoyer prochainement une mission civile au Kosovo pour guider son indépendance et a l'intention d'être également présente dans les régions où les Serbes sont majoritaire.

Cette mission doit relever celle de l'ONU, la Minuk, qui administre le territoire depuis que des bombardements de l'Otan ont mis fin en 1999 au conflit entre les forces serbes et les séparatistes albanais du Kosovo.

Quelques heures après l'intervention de la police à Mitrovica, une explosion devant l'un des deux tribunaux a blessé onze membres des forces internationales. Et des coups de feu ont été tirés contre ces forces, selon un photographe de l'AFP, qui a rapporté avoir vu un blessé.

Depuis l'indépendance du Kosovo, proclamée le 17 février, les Serbes, majoritaires dans le Nord, ont multiplié les actions défiant les autorités internationales et celles du nouvel Etat kosovar, faisant peser la menace d'une sécession.

Quelque 40.000 Serbes vivent dans le nord du Kosovo sur les 120.000 restés sur place après le conflit de 1998-1999 entre les forces serbes et les séparatistes albanais du Kosovo.

Par Jovan MATIC AFP

 

 

 

Missions internationales au Kosovo : la grande pagaille

 Traduit par Stéphane Surprenant Publié dans la presse : 12 mars 2008

En théorie, la Mission des Nations Unies au Kosovo (Minuk) devait laisser sa place à la mission européenne Eulex, depuis que le Kosovo a proclamé son indépendance... Mais la présence de la Minuk est garantie par la résolution 1244 du Conseil de sécurité, toujours juridiquement en vigueur. Alors que les Serbes refusent le déploiement d’Eulex, la plus grande confusion règne autour des scénarios de transition, et les personnels des différentes missions internationales commencent à échanger des noms d’oiseaux.

Par Krenar Gashi

Le général Yves de Kermabon, chef de la mission EULEX Après la reconnaissance par les grandes puissances de l’indépendance du Kosovo proclamée le 17 février 2008, on s’attendait à ce que la mission de l’Onu, la Minuk, cède sa place à la nouvelle mission de l’Union européenne (UE) et que s’opère une transition en douceur.

Sur le terrain, la réalité est pourtant bien différente. La Minuk et la mission de l’UE s’échangent en effet des critiques et semblent le plus souvent s’ignorer mutuellement.

Une équipe de planification de l’UE est déjà à l’œuvre dans l’ancienne province serbe, travaillant à la mise sur pied de deux institutions européennes dans le nouveau pays. Il s’agit du Bureau civil international (ICO) et de la mission Eulex, destinée à renforcer l’État de droit.

L’équipe de planification insiste sur le fait que la période de transition et de transfert de l’autorité internationale a commencé dès la proclamation d’indépendance du Kosovo, le 17 février. Le gouvernement du Kosovo partage d’ailleurs cette interprétation.

La Minuk ne l’entend pas de cette oreille. Des responsables de l’Onu rappellent qu’il n’existe jusqu’ici aucun accord ferme sur la fin de leur mission. Ils ajoutent qu’il n’y a aucune entente non plus parmi les donateurs internationaux au sujet d’un quelconque calendrier de départ de l’Onu.

Au contraire, Daniel Fried, secrétaire-adjoint au Département d’État américain, assure que l’arrêt total de la mission de la Minuk n’avait « jamais été une option ». « Il y aura une certaine transition à mesure que l’UE va mettre les choses en place », a précisé Daniel Fried lors d’une visite au Kosovo vendredi le 7 mars dernier, « mais la Minuk conservera certains pouvoirs ».

Daniel Fried a expliqué que la communauté internationale déciderait en temps et lieu qui serait responsable de quoi, quand les deux entités « auront acquis de l’expérience et auront commencé à travailler ensemble ».

Le ministre des Affaires étrangères de Slovénie, Dimitrij Rupel, qui assure actuellement la présidence tournante de l’UE, est d’accord avec ce point de vue. « Dans le passé, nous pensions que le moment venu la mission européenne remplacerait la Minuk », a dit Dimitrij Rupel le jeudi 13 février. Cependant, « il faudra du temps et la transition va demander des efforts supplémentaires ».

Selon le plan rédigé par l’envoyé spécial de l’Onu Martti Ahtisaari - sur lequel le Kosovo s’est basé pour proclamer son indépendance - la Minuk devait laisser sa place à l’UE dans un délai de 120 jours.

Durant cette période de transition, la Minuk aurait graduellement cessé d’exercer ses pouvoirs, qui auraient été transférés aux autorités locales, sous l’égide de l’UE qui aurait agi comme garant de bon gouvernement.

Suite au blocage par la Russie d’une résolution au Conseil de sécurité des Nations Unies, la route vers un retrait de l’Onu du Kosovo est devenue beaucoup moins claire.

Au nom de la résolution 1244

L’un des hauts fonctionnaires de la Minuk assure même qu’il n’y aura « pas de transfert du tout ». Ce responsable a expliqué que, d’après la résolution 1244 de l’Onu - qui a établi la présence de l’Onu au Kosovo en 1999 -, « la Minuk ne peut transférer ses responsabilités à aucune autre mission ».

Il a poursuivi : « La résolution 1244 stipule que la Minuk constitue une mission d’administration intérimaire. Cela signifie que le Secrétaire général de l’Onu peut, jusqu’à un certain point, décider que la période d’intérim est terminée... puis reconfigurer la mission ».

La même source croit que le terme « reconfiguration » représente une éventuelle sortie de secours pour la force de l’Onu au Kosovo, et que c’est ce terme qui sera employé au lieu de « transition ».

Russell Geekie, porte-parole de la Minuk, pense la même chose. « La Minuk est prête à se reconfigurer pour s’adapter à l’évolution des circonstances », explique-t-il. « L’Onu a toujours coopéré avec l’UE et ses représentants. »

Néanmoins, si c’est là la position officielle, sur le terrain, les fonctionnaires de l’UE et de la Minuk s’échangent souvent des mots très durs, évoquant des blocages, quand ce n’est pas une impasse.

« Nous avons commencé le compte à rebours de 120 jours le 17 février », confirme une source proche de Peter Feith, l’Envoyé spécial de l’UE au Kosovo. « Mais la Minuk, elle, n’a pas encore commencé le décompte... »

Le gouvernement du Kosovo estime aussi que le compte à rebours s’est enclenché dès sa déclaration d’indépendance.

Le vice-premier ministre du Kosovo, Hajredin Kuci, maintient pourtant que la transition se déroule bien. « Depuis le 17 février, des réunions du groupe de transition se sont tenues au siège du gouvernement du Kosovo plutôt qu’à la Minuk », précise-t-il. « Cela indique que la transition a bel et bien commencé. »

Mais des sources du côté européen révèlent que la transition - ou « reconfiguration » - est loin d’être facile, principalement en raison des réticences des fonctionnaires de l’Onu à abdiquer leur autorité.

« Il y a une tendance chez la Minuk à ne pas remettre ses pouvoirs et à ne pas assumer ses responsabilités, ce qui est en particulier le cas dans le nord du Kosovo », déplore cette source.

Dans le nord, majoritairement serbe, les autorités locales ont jusqu’à présent choisi d’ignorer l’indépendance et refusé de reconnaître que la mission de l’UE allait succéder à celle de l’Onu.

« Il n’existe ni calendrier ni stratégie véritable concernant le moment ou même la possibilité que la Minuk cesse d’exercer ses pouvoirs », explique une autre source au sein de l’UE.

Parmi les champs de compétences où des conflits sont possibles, on pourrait trouver l’émission des passeports et l’adoption des lois par le Parlement du Kosovo.

Minuk : le choix de la passivité ?

Avant le 17 février, les lois votées par l’Assemblée législative avaient besoin de la signature du Représentant spécial de l’Onu pour entrer en vigueur.

Des fonctionnaires de la Minuk répliquent qu’il n’y a nul besoin de transférer des compétences dans ce domaine. Ils s’attendent à ce que le Parlement du Kosovo ignore simplement la Minuk désormais et envoie les nouvelles lois directement au bureau du Président du nouvel État pour approbation.

« Les Kosovars ne devraient pas trop s’en faire avec la transition. La Minuk n’est pas intervenue lors de la proclamation d’indépendance, ni lors de l’installation de la mission de l’UE ici », a rappelé une source de l’ONU à Pristina.

Ce responsable suggère ainsi que, même si la mission de l’Onu ne prend pas fin officiellement au Kosovo, elle acceptera de jouer un rôle de plus en plus marginal.

« Avant la fin juin 2008, la nouvelle Constitution du Kosovo entrera en vigueur. D’ici là, le Secrétaire général de l’Onu prendra des décisions au sujet de la Minuk », ajoute cette source.

D’autres fonctionnaires de la Minuk approuvent cette interprétation, ce qui laisse croire que l’Eulex et le gouvernement du Kosovo vont progressivement mettre l’Onu sur la voie de garage et assumer les responsabilités de l’État.

Une autre source, au sein du gouvernement du Kosovo, estime que c’est exactement ce qui est en train de se produire : « Peter Feith entérine les lois que le Parlement adopte et la Minuk est restée à l’écart tout au long du processus ».

Mais si ce processus informel de mise à l’écart de l’Onu peut fonctionner dans certains domaines, dans d’autres, le brouillard qui plane au-dessus du partage des responsabilités et des compétences internationales entretient la confusion.

La chose est flagrante dans la partie nord du Kosovo, majoritairement serbe, et dans la ville divisée de Mitrovica.

Mia Marzouk, de l’ONG Saferworld, qui traite des questions de sécurité, affirme que les deux communautés, les Serbes et les Albanais, souffraient également d’un manque d’information. « La communauté internationale ne réussit pas à informer les gens sur l’évolution des événements, on ne sait pas ce qui va se passer ici... »

 

 

Vendredi 29 février, 12h20

L'exemple bosniaque inspire les Serbes du Kosovo

PRISTINA (Reuters) - L'Occident a toujours voulu éviter de recréer dans les Balkans une entité bancale à l'image de la Bosnie mais c'est pourtant bien ce qui semble se dessiner au Kosovo.

Par Matt Robinson Reuters - 

Près de deux semaines après la sécession de la province serbe et sa proclamation d'indépendance soutenue par les Etats-Unis et une majorité de pays membres de l'Union européenne, les Serbes du Kosovo accentuent les divisions ethniques, rejettent les ouvertures de l'UE et détricotent les quelques liens qui les unissaient encore à Pristina.

Parallèlement, Belgrade renforce son influence sur la partie nord du Kosovo où vit la moitié environ de la communauté serbe locale, à l'écart des institutions kosovares albanaises.

"Imaginez une carte transparente placée sur la carte du Kosovo. Sur cette carte, vous marquez les régions serbes sous le contrôle de Belgrade. C'est ce que Belgrade est en train de faire", résume un haut responsable occidental au Kosovo.

Les douanes, la police, les tribunaux sont tous visés par cet effort concerté de partition déguisée.

Dans les jours qui ont suivi la déclaration d'indépendance, le 17 février, des Serbes ont incendié les deux principaux postes-frontières marquant la limite entre la Serbie et le Kosovo et empêché le retour sur place des douaniers.

Plusieurs dizaines de policiers serbes employés dans les rangs de la police kosovare ne travaillent plus pour l'administration de Pristina. Dans le nord, ils ne reçoivent plus leurs ordres du gouvernement kosovar, mais rendent compte de leurs actions aux maires serbes et à la police des Nations unies. Les policiers serbes présents dans les enclaves du sud réclament le même traitement.

Un ministre serbe a déclaré cette semaine que la Serbie comptait avoir sa propre police dans les régions serbes du Kosovo, en ajoutant que cette évolution était conforme au "plan d'action" secret de Belgrade visant à maintenir sa présence sur le territoire de son ancienne province.

UN FOSSÉ PROFOND À COMBLER

La Serbie sait qu'elle ne pourra plus contrôler les régions albanaises mais le Premier ministre Vojislav Kostunica a déclaré que Belgrade continuerait à administrer les régions du Kosovo où la population réclame son soutien.

"La Serbie utilisera tous les moyens possibles (à l'exception de la force militaire) pour démontrer sa souveraineté irrévocable sur le Kosovo", a déclaré l'ancien ambassadeur des Etats-Unis à Belgrade, William Montgomery, dans un éditorial paru dans le quotidien libéral Danas.

Certains voient dans la situation en Bosnie une solution d'avenir pour le Kosovo. La Bosnie est scindée en deux entités, la Fédération croato-musulmane d'une part, la République serbe de Bosnie de l'autre.

Chaque entité a un gouvernement, un parlement, une police, des tribunaux, des budgets et même des manuels scolaires distincts, et les dirigeants bosno-serbes résistent aux efforts de l'UE visant à centraliser l'administration du pays.

Au Kosovo vivent deux millions d'Albanais et 120.000 Serbes, dont la moitié dans la partie nord, l'autre disséminée dans des enclaves, sous bonne garde de la Kfor, la force de 16.000 hommes commandée par l'Otan dans le pays.

"En Bosnie, le langage et la culture communes sont divisés par les critères ethniques et religieux. Au Kosovo, il y a deux langues, deux cultures et deux religions. C'est un fossé encore plus profond à combler", estime un diplomate occidental.

Les Serbes du Kosovo n'ont que brièvement participé au parlement de Pristina après la guerre de 1998-99 et ils ont boycotté les élections de 2004 et 2007 sur ordre des franges radicales et de l'Eglise orthodoxe serbe.

Leur monnaie reste le dinar serbe, et non l'euro. Ils sont soignés par les services du ministère serbe de la Santé, suivent une scolarité définie par le cursus serbe, téléphonent via l'opérateur téléphonique serbe et obtiennent de Belgrade leurs permis de conduire et autres documents administratifs.

Le nord du Kosovo envisage désormais de se doter de son propre parlement et d'organiser des élections en mai.

"Ce statut, qui apparentera le Nord à la République serbe de Bosnie, ne durera pas des mois, mais des années", prédit le responsable kosovar serbe Oliver Ivanovic.

Version française Jean-Stéphane Brosse

 

 

Jeudi 28 février, 20h23

Les officiers serbes désertent en masse la force de police du Kosovo

KUSCE, Kosovo - Des dizaines d'officiers serbes ont déserté la force de police du Kosovo depuis la proclamation d'indépendance du nouvel Etat le 17 février, ont déclaré jeudi des responsables de la police.

(Publicité) Près d'un quart des 800 officiers, 170, sont partis ou ne se sont pas présentés à leur travail depuis le 17 février, tandis que plusieurs dizaines d'autres ont annoncé leur intention de faire de même. La force de police regroupant 7.000 hommes, Serbes et albanophones, était considérée comme un des rares institutions à bien fonctionner au Kosovo.

Mais elle est particulièrement sous pression depuis la proclamation d'indépendance rejetée par Belgrade et suivie chaque jour de violents incidents entre émeutiers serbes et forces de l'ordre.

Le Kosovo était administré par l'ONU depuis 1999 et l'intervention de l'OTAN, une campagne militaire de 78 jours qui mit fin à l'offensive des armées de Slobodan Milosevic contre les séparatistes albanophones. Sur les deux millions de Kosovars, 90% sont de souche albanaise, la plupart musulmans, avec une petite minorité de catholiques.

D'ici quatre mois, Eulex, la mission civile européenne forte à terme de 1.800 personnes, devrait prendre le relais de la MINUK afin d'assister les institutions kosovares, principalement au chapitre police et justice. AP

 

 

Mardi 26 février, 19h46

Plus de 10.000 Serbes bosniaques dénoncent l'indépendance du Kosovo et réclament celle de leur entité, la Republika Srpska

Par EuroNews

"ça suffit, a lancé le Premier ministre serbe bosniaque Milorad Dodik aux manifestants. La communauté internationale n'a pas à nous dire que nous n'avons pas le droit d'exister. Nous avons suffisamment patienté et cela ne durera plus très longtemps".

Depuis la fin de la guerre de 1992-95, la Bosnie est composée de deux entités, la Republika Srpska et la Fédération croato-musulmane.

Après la proclamation le 17 février de l'indépendance du Kosovo par sa majorité albanaise, le Parlement de la Republika Srpska a adopté une résolution affirmant que cette entité avait "le droit" de faire sécession de la Bosnie.

A l'issue de la manifestation, des lycéens ont jeté des pierres contre la représentation américaine. Vingt d'entres eux ont été arrêtés par la police et six personnes ont été blessées.

C'est dans ce contexte tendu que le commissaire européen à l'élargissement Olli Rehn a indiqué qu'il espérait signer en avril un accord de rapprochement avec la Bosnie, première étape en vue d'une adhésion à l'UE.

 

 

Samedi 23 février 2008

La mission européenne au Kosovo confirme avoir quitté Mitrovica

PRISTINA (Reuters) - L'émissaire de l'Union européenne au Kosovo, Peter Freith, a confirmé samedi que son équipe avait quitté la ville de Mitrovica pour des raisons de sécurité tout en qualifiant cette mesure de temporaire et en exhortant les Serbes à coopérer avec la mission européenne.

"Nous avons provisoirement transféré notre personnel mais nous conserverons notre bureau dans le Nord", a déclaré Freith à des journalistes à Prizren, dans le sud de la jeune république auto-proclamée. "Nous espérons que la situation nous permettra rapidement de reprendre nos activités."

Supervisée par Freith, l'Eulex, la mission de l'Union européenne, doit déployer 2.000 policiers, magistrats et administrateurs civils dans les mois à venir pour prendre le relais des Nations unies au Kosovo.

Mais le Nord, qui abrite la moitié des 120.000 Serbes encore présents au Kosovo, a juré de traiter la mission comme une puissance occupante.

"Je voudrais appeler la communauté serbe à se montrer magnanime, à tourner la page et à envisager de travailler avec nous", a déclaré le responsable néerlandais.

Les soldats français et belges de la Kfor, la force de l'Otan déployée au Kosovo, ont fortement renforcé les mesures de sécurité à Mitrovica, en particulier autour des ponts enjambant la rivière Ibar qui partage la ville entre les communautés serbe et albanaise.

Les Serbes du nord de la ville organisent quotidiennement des manifestations contre la sécession du Kosovo. Jeudi, des prisonniers albanais détenus à la prison de Mitrovica ont été discrètement transférés dans le sud du Kosovo pour leur "sécurité", a indiqué le chef de l'administration pénitentiaire.

Fatos Bytyci, version française Jean-Stéphane Brosse

 

 

Vendredi 22 février 2008

Indépendance du Kosovo: toujours des tensions, Poutine avertit les Occidentaux

Par Par André BIRUKOFF

BELGRADE (AFP) - La tension est montée d'un cran après de violentes émeutes à Belgrade, vivement condamnées par les Occidentaux, qui ont fait un mort et une centaine de blessés après un rassemblement de masse contre l'indépendance du Kosovo.

Allié indéfectible de Belgrade dans son opposition à l'indépendance de la province, le président russe Vladimir Poutine a averti vendredi que cette indépendance créait un "précédent horrible", qui va revenir "dans la gueule" des Occidentaux et aura des "conséquences imprévisibles".

Jeudi, 150.000 personnes s'étaient rassemblées à Belgrade pour protester contre l'indépendance de la province à majorité albanaise, proclamée dimanche dernier par le Parlement kosovar. La manifestation a dégénéré en émeutes, dont la cible principale a été l'ambassade des Etats-Unis, partiellement incendiée.

L'ambassade, où un corps carbonisé a été retrouvé, a décidé vendredi de réduire ses effectifs et ordonné au personnel non-essentiel de quitter la Serbie.

L'ambassadeur Cameron Munter et d'autres membres importants de l'ambassade resteront à Belgrade, a précisé une porte-parole, Rian Harris. "Nous ne sommes pas convaincus que les autorités serbes peuvent assurer la sécurité de nos employés", a-t-elle dit.

L'ambassade avait indiqué dès jeudi soir que le corps, qui n'a pas encore été identifié, n'était pas celui d'un de ses membres.

Selon la police, les émeutes ont fait également 130 blessés dont 52 policiers, tandis que 192 personnes ont été appréhendées.

Le président Boris Tadic, qui n'avait pas assisté au rassemblement en raison d'une visite en Roumanie, un des pays qui a refusé de reconnaître le nouvel Etat kosovar, a convoqué une réunion du Conseil de sécurité nationale dans un communiqué qui n'a précisé ni la date, ni l'heure de la réunion.

Le Premier ministre nationaliste, Vojislav Kostunica, n'a condamné les violences que vendredi en milieu de journée, estimant qu'elles nuisaient surtout aux efforts de son pays pour s'opposer à l'indépendance du Kosovo.

Des émeutiers ont provoqué un incendie à l'ambassade américaine, puis s'en sont pris à d'autres missions diplomatiques, à des restaurants, des banques et des magasins qui ont été pillés.

L'ambassade d'Allemagne, l'une des missions attaquées, était fermée vendredi.

Les Etats-Unis et l'Union européenne ont rapidement condamné les violences, comme le Conseil de sécurité de l'ONU qui a rappelé le principe de l'inviolabilité des missions diplomatiques.

Mais le problème de l'indépendance du Kosovo a tendu les relations entre les Occidentaux et la Russie, qui a rejeté sur les pays ayant reconnu l'indépendance la responsabilité des émeutes.

"Le précédent du Kosovo est un précédent horrible. De facto, il fait voler en éclats tout le système des relations internationales existant pas seulement depuis plusieurs dizaines d'années, mais depuis des centaines d'années", a affirmé vendredi Vladimir Poutine.

Evoquant les pays qui ont reconnu l'indépendance, il a estimé que cette situation aurait des "conséquences imprévisibles".

Washington avait qualifié plus tôt de "cynique" l'attitude de Moscou. "Ils (les Russes) ne sont pas au Kosovo, ils ne font rien pour aider les Kosovars. Ils restent donc en retrait et ils sont généralement peu coopératifs", a dit le numéro trois du département d'Etat, Nicholas Burns.

Le diplomate en chef de l'Union européenne, Javier Solana, a de son côté averti que le climat de violence en Serbie empêchait la reprise des négociations de rapprochement avec Belgrade.

La colère serbe contre l'indépendance du Kosovo a également tendu l'atmosphère dans les Balkans, les Serbes bosniaques proclamant qu'ils avaient le droit, à terme, de faire sécession, si l'ONU et une majorité des pays de l'UE reconnaissaient l'indépendance du Kosovo.

Au Monténégro, devenu indépendant de la Serbie en juin 2006, plus de 10.000 personnes ont manifesté vendredi à Podgorica, à l'appel des partis de l'opposition pro-serbe, contre l'indépendance du Kosovo.

Des hommes politiques serbes se sont interrogé sur la réaction tardive de la police lors des émeutes de jeudi, alors que la sécurité n'avait pas été renforcée près des ambassades occidentales même si elles avaient déjà été la cible d'émeutiers.

Belgrade considère les Occidentaux, Etats-Unis et UE en tête, comme les instigateurs de l'indépendance kosovare.

 

 

Mercredi 20 février, 19h39

La Kfor rouvre les postes-frontières du nord du Kosovo

PRISTINA (Reuters) - Des soldats de l'Otan et des policiers des Nations unies ont rouvert deux postes-frontières du nord du Kosovo attaqués mardi par des Serbes hostiles à la proclamation d'indépendance de Pristina.

"Ils ont rouvert", a confirmé le porte-parole de l'Onu, Alexandre Ivanko, selon qui des unités spéciales de la police des Nations unies et des soldats de la Kfor contrôlent désormais ces deux points de passage.

La police des frontières de l'Onu sera de retour dans le courant de la journée, mais pas encore la police kosovare, qui gère normalement ces postes-frontières, a-t-il indiqué.

Selon un journaliste de Reuters, des militaires américains ont apporté des projecteurs et des groupes électrogènes à l'un des deux postes, où le trafic a repris.

"Je tiens à ce que chacun soit pleinement conscient de ma détermination à maintenir, rétablir un environnement sûr partout au Kosovo", avait déclaré un peu plus tôt le général français Xavier de Marnhac, commandant de la Kfor.

Les Occidentaux ont ainsi été amenés dès mardi, deux jours après la proclamation unilatérale d'indépendance du Kosovo, à montrer leur détermination à soutenir cette indépendance, au besoin par la force.

Ces attaques de la minorité serbe du Kosovo, province sécessionniste serbe dont la proclamation d'indépendance a été reconnue par une majorité des pays de l'Union européenne et par les Etats-Unis, soulignent les défis qui attendent la mission de police et de justice que l'UE doit déployer dans les mois à venir pour accompagner l'émancipation du jeune Etat.

Le ministre serbe des Affaires étrangères, Vuk Jeremic, a condamné ces attaques qui, a-t-il dit à Strasbourg, "sont très regrettables". "Nous ne serons jamais en faveur de la violence", a-t-il ajouté en précisant qu'il s'agissait de la position officielle du gouvernement de Belgrade. Mais peu auparavant, son homologue chargé du Kosovo au sein du gouvernement serbe, Slobodan Samardzic, avait déclaré que ces attaques n'étaient "peut-être pas très jolies, mais légitimes".

RESPONSABILITÉS

Joachim Rücker, administrateur de l'Onu au Kosovo, a vivement contesté la légitimité de ces opérations. "Le gouvernement serbe est lié par son engagement à s'abstenir de tout acte pouvant être perçu comme un encouragement à la violence et c'était vraiment de la violence, de sorte que je suis en désaccord avec cette déclaration", a-t-il dit.

Les postes-frontières sont restés abandonnés pendant quelques heures mardi après le retrait des polices kosovar et de l'Onu, qui ont appelé l'Otan à la rescousse.

Une quarantaine de militaires français et américains de la Kfor ont installé des rouleaux de fils barbelés devant le poste de Jarinje incendié dans la journée de mardi par des Serbes qui ont précipité dans un ravin les véhicules des fonctionnaires.

Les hommes de la Kfor ont été la cible de jets de pierres, mais ils ont tenu leur position sans incident majeur, appuyés par une unité polonaise de la police de l'Onu. L'Otan a aussi sécurisé l'autre poste-frontière, près de Zubin Potok.

Le général de Marnhac a accusé "certains dirigeants locaux" du nord à majorité serbe de mettre en danger des femmes et des enfants. "Tout le monde a eu beaucoup de chance que cela se soit passé ainsi. Mais les dirigeants devraient bien réfléchir à leurs responsabilités lorsqu'ils déclenchent ce genre de manifestation", a dit le général français.

Le Premier ministre kosovar, Hashim Thaci, a estimé lui que les propos du ministre serbe Samardzic "appartiennent au passé et ne correspondent absolument pas à la situation actuelle".

"La décision unilatérale de l'UE d'envoyer une mission (...) au Kosovo va à l'encontre du droit international", a déclaré mercredi le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

La Russie, qui ne dispose pas de troupes dans les Balkans, estime que la reconnaissance du Kosovo par les Occidentaux va ouvrir la "boîte de Pandore" des tensions séparatistes dans toute l'Europe.

Le nouveau représentant spécial de l'UE à Pristina, Pieter Feith, a déclaré lors d'une conférence de presse que les Serbes du Kosovo devraient rester et se sentir bienvenus dans la nouvelle République mais que le nord à majorité serbe ne serait pas autorisé à faire sécession du Kosovo.

"L'Union européenne a l'intention de déployer sa mission de maintien de l'ordre, sa police, ses juges, ses magistrats partout au Kosovo", a-t-il dit. "Et tout le territoire du Kosovo inclut le nord."

Les ministres de la Défense de l'UE examineront jeudi les dispositions de sécurité dans les Balkans.

Avec Mark John à Bruxelles, version française Jean-Stéphane Brosse, Nicole Dupont et Jean-Loup Fiévet

 

 

AFP - Lundi 18 février, 20h12

De nombreux pays européens et Washington reconnaissent le Kosovo

BRUXELLES (AFP) - Une majorité de pays de l'UE et les États-Unis ont entériné lundi l'indépendance du Kosovo, malgré le refus de la Serbie, fixant sur la carte européenne un nouvel État appelé à rester sous surveillance pendant encore des années.

Après des semaines de coordination intensive avec les dirigeants albanais du Kosovo, la France puis l'Allemagne, l'Italie et la Grande-Bretagne ont annoncé qu'ils allaient reconnaître ce nouveau micro-État issu de l'ex-Yougoslavie, après une réunion des ministres européens des Affaires étrangères à Bruxelles.

La proclamation d'indépendance du Parlement kosovar avait été spécialement programmée pour dimanche afin de permettre au maximum de pays européens de la reconnaître dès cette réunion prévue de longue date.

"Nous avons l'intention de reconnaître l'indépendance du Kosovo", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, alors que plusieurs milliers de Serbes du Kosovo manifestaient dans les localités où ils sont majoritaires pour rejeter l'indépendance.

"Le président de la République (Nicolas Sarkozy) a écrit en ce sens au président kosovar, la lettre va partir dès ce soir. Dès que cet échange aura eu lieu, la reconnaissance par la France de l'indépendance du Kosovo sera acquise", a ajouté M. Kouchner.

Les ministres allemand, italien et britannique ont annoncé leur intention de reconnaître peu après.

Les États-Unis ont eux directement reconnu le nouvel État et la secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice a "félicité le peuple du Kosovo en cette occasion historique".

Une douzaine d'autres pays européens ont annoncé dans la foulée leur intention de reconnaître également ce nouvel État, même si la décision formelle pourrait prendre encore plusieurs semaines.

Cinq États membres - Chypre, Espagne, Grèce, Roumanie, Slovaquie - refusent néanmoins de franchir le pas pour l'instant au moins. Ils contestent la légitimité d'une indépendance qui pourrait encourager les séparatismes chez eux et à travers le monde, et à laquelle le Conseil de sécurité de l'ONU, en raison de l'opposition de la Russie, a refusé son aval.

De ses cinq pays, Chypre est le plus virulent: sa ministre Erato Kozakou-Marcoullis a affirmé que son pays, confronté à l'indépendance autoproclamée de Chypre Nord, ne "reconnaîtrait jamais le Kosovo".

Pour ménager les pays européens les plus inquiets, les quatre "grands" n'ont annoncé leur intention de reconnaître le Kosovo qu'après avoir adopté avec tous leurs collègues une déclaration soulignant notamment que la province était, à cause de la guerre entre les Albanais du Kosovo et les forces serbes en 1998-1999 et de sa gestion par l'ONU depuis 1999, un cas "sui generis", c'est à dire unique "qui ne constitue pas un précédent".

"Le Kosovo n'est pas un Etat normal, il sera administré par l'UE", a souligné le ministre italien Massimo D'Alema en soulignant que l'UE s'apprêtait à y envoyer une mission de 1.900 policiers et juristes dotée de "pouvoirs élargis".

Malgré leurs divisions, les Etats membres ont tous accepté le principe de cette mission tant ils tiennent à stabiliser une région connue depuis des décennies comme la "poudrière de l'Europe".

L'UE devrait aussi s'engager à investir "un milliard d'euros" pour développer l'économie kosovare, minée par le chômage et la corruption, lors d'une conférence des donateurs qui pourrait se tenir en juin, a indiqué le ministre slovène Dimitrij Rupel, dont le pays, lui aussi issu de l'ex-Yougoslavie, préside l'UE.

Pour ménager Belgrade, dont les Européens craignent qu'elle ne se tourne vers la Russie, cette déclaration commune rappelle également que tous les pays des Balkans - dont le Kosovo mais aussi la Serbie - ont "une perspective européenne" et donc vocation à rejoindre un jour l'Union européenne.

M. D'Alema a également souligné que l'intégration européenne du Kosovo ne se ferait qu'après "la normalisation des relations entre Belgrade et Pristina".

Grâce à toutes ces précautions, une "large majorité" d'Etats membres devraient, "sous une forme ou sous une autre", reconnaître le Kosovo "d'ici un mois, en février ou mars", a assuré le ministre suédois Carl Bildt.

Témoin de l'engagement européen, le diplomate en chef de l'UE Javier Solana devrait être le premier haut diplomate étranger à se rendre au Kosovo après la proclamation d'indépendance.

"Je serai au Kosovo le plus tôt possible, demain ou après-demain ou la semaine prochaine", a-t-il déclaré lundi après la réunion des ministres.

 

 

Le dimanche 17 février 2008

Les consultations sur le Kosovo débutent à l'ONU

Associated Press - New York (Nations Unies)

Le Conseil de sécurité de l'ONU tenait une réunion d'urgence dimanche à la demande de la Russie et en présence du secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, quelques heures après la proclamation d'indépendance du Kosovo.

La Russie, qui se dit «très préoccupée» par cette proclamation unilatérale, cherchait à empêcher la communauté internationale de reconnaître l'indépendance de cette province serbe, alors que Belgrade a promis de s'opposer à cette séparation par tous les moyens pacifiques à sa disposition.

La Serbie, qui est soutenue par la Russie, a demandé aux institutions internationales de déclarer «nulle et non avenue» cette déclaration d'indépendance «unilatérale et illégale», qui «viole les principes fondamentaux du droit international».

La Russie, qui se dit inquiète du sort de la minorité serbe du Kosovo, a demandé la convocation en urgence du Conseil de sécurité pour examiner «la situation qui a été créée par une tentative de Pristina de déclarer une indépendance unilatérale du Kosovo», a expliqué l'ambassadeur de Russie à l'ONU, Vitali Tchourkine.

Les 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU restent profondément divisés sur l'avenir et le statut du Kosovo: la Russie, qui détient un droit de veto, réclame davantage de négociations, alors que plusieurs pays européens et les États-Unis ont exprimé leur sympathie pour la cause des albanophones.

Le Kosovo espère qu'une première reconnaissance internationale viendra dès lundi à l'occasion d'une réunion à Bruxelles des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne. Mais, Moscou a prévenu que la question du Kosovo relevait du Conseil de sécurité, et non de l'UE, et estime qu'une reconnaissance de l'indépendance créerait un dangereux précédent pour les groupes séparatistes ailleurs dans le monde.

 

 

Dimanche 17 février 2008

Le Kosovo proclame son indépendance, Moscou proteste

PRISTINA, Kosovo (Reuters) - Au prix d'une guerre, au terme d'une longue attente et avec le soutien des puissances occidentales, le Kosovo a proclamé dimanche son indépendance près de neuf ans après le début des bombardements de l'Otan contre la Serbie.

Par Shaban Buza

L'avènement du Kosovo indépendant referme un long chapitre du démantèlement de l'ex-Yougoslavie mais renforce une nouvelle ligne de front ethnique dans les Balkans.

Le Kosovo est "un État indépendant, souverain et démocratique", a déclaré le président du Parlement, Jakup Krasniqi, à l'issue de l'adoption à main levée, par l'ensemble des 109 députés présents, de la proclamation d'indépendance.

Onze membres de minorités ethniques, notamment des Serbes, étaient absents.

Le Premier ministre serbe, Vojislav Kostunica, a aussitôt après condamné dans une allocution télévisée "un faux Etat" promu illégalement par les Etats-Unis "prêts à violer l'ordre international dans leur propre intérêt militaire".

"Tant que le peuple serbe existera, le Kosovo sera serbe", a affirmé Kostunica à Belgrade, où les rues étaient calmes en fin d'après-midi.

De son côté, la Russie, alliée de la Serbie et détentrice d'un droit de veto au Conseil de sécurité, a demandé des consultations à huis clos du Conseil de sécurité des Nations unies sur la proclamation unilatérale d'indépendance du Kosovo.

Une porte-parole de la représentation russe à l'Onu a déclaré que ces consultations devraient se tenir ce dimanche à 18H00 GMT.

Moscou a fait savoir qu'il "soutient entièrement les revendications justifiées de la Serbie" concernant le rétablissement de l'intégrité territoriale du pays. Les Russes ont formulé l'espoir que des forces de l'Onu et de l'Otan prendraient "des mesures immédiates pour exécuter leur mandat (...) notamment en annulant les décisions des instances de Pristina".

MISE EN GARDE DE MOSCOU

La déclaration d'indépendance du Kosovo, peuplé à 90% d'albanophones, crée un risque d'escalade dans la violence ethnique et de nouveau conflit dans les Balkans, a souligné le ministère russe des Affaires étrangères.

"Ceux qui envisagent de soutenir le séparatisme devraient comprendre les conséquences dangereuses que leurs actes risquent d'avoir pour l'ordre mondial, la stabilité et l'autorité des décisions du Conseil de sécurité de l'Onu qu'il a fallu des décennies à édifier", poursuit le communiqué du ministère russe.

A Washington, les Etats-Unis ont pris acte de la proclamation d'indépendance du Kosovo et salué l'engagement de son gouvernement d'appliquer les dispositions du plan de l'émissaire de l'Onu Martti Ahtisaari en vue de protéger les minorités ethniques.

Sans aller jusqu'à reconnaître l'indépendance du Kosovo, le département d'Etat fait savoir que les Etats-Unis "examinent la question et en discutent avec leurs partenaires européens" et il annonce la diffusion sous peu d'une déclaration.

Il invite en outre toutes les parties à faire preuve "de la plus grande retenue et à s'abstenir de tout acte provocateur".

Le Kosovo sera "une société respectant la dignité humaine" et il est déterminé à faire face à "l'héritage douloureux du passé récent dans un esprit de réconciliation et de pardon", assure le texte lu au Parlement par le Premier ministre kosovar Hashim Thaci.

ENGAGEMENT DE LA KFOR

Après la Slovénie, la Croatie, la Macédoine, la Bosnie et le Monténégro, le Kosovo est le sixième Etat indépendant à s'extraire de l'orbite de Belgrade, le dernier à échapper à la Serbie.

Le Kosovo devient le 193e Etat indépendant au monde, mais la Serbie assure que grâce notamment au veto russe, il n'obtiendra jamais de siège aux Nations unies.

La minorité serbe du Kosovo a promis de ne jamais renoncer à cette terre où son histoire est millénaire et, rejetant l'indépendance, pourrait consacrer la partition de facto qui existe déjà entre le sud et le nord du Kosovo.

Moins de la moitié des 120.000 Serbes restés au Kosovo vivent dans le Nord, tandis que les autres sont éparpillés dans des enclaves protégées par la Kfor.

Cette dernière a promis de continuer à assurer la sécurité du Kosovo et a invité toutes les parties à faire preuve de retenue.

"Toutes les parties devraient reconnaître que la Kfor continuera à assumer ses responsabilités pour un environnement sûr sur toute l'étendue du territoire du Kosovo (...) à moins que le Conseil de sécurité (de l'Onu) en décide autrement", a déclaré Jaap de Hop Scheffer, secrétaire général de l'Alliance atlantique, dans un communiqué.

"La Kfor continuera à garantir la sécurité de tous les citoyens du Kosovo, qu'ils appartiennent à la majorité ou à la minorité, de manière impartiale et juste comme auparavant.

"Pendant cette période sensible, la Kfor ripostera de manière ferme et rapide contre quiconque usera de la violence au Kosovo", a ajouté le secrétaire général, qui a prié toutes les parties impliquées à faire preuve de la plus grande retenue et modération.

L'UE a approuvé samedi l'envoi de l'"Eulex Kosovo", une force de police et de justice de 2.000 hommes, qui prendra le relais de l'Onu au terme d'une période transitoire de 120 jours suivant l'indépendance.

De leur côté, les ambassadeurs des pays membres de l'Otan se réuniront lundi à Bruxelles pour examiner le dossier.

Avec Ellie Tzortzi à Belgrade, Patrick Worsnip aux Nations unies, Rachelle Younglai à Washington, Dmitri Soloviov à Moscou, Version française Gregory Schwartz, Henri-Pierre André et Nicole Dupont

 

 

Dimanche 17 février 2008

La Serbie rejette l'indépendance du Kosovo et demande son annulation

 

BELGRADE (AFP) - La Serbie, inflexible, a rejeté dimanche la proclamation de l'indépendance du Kosovo et demandé son "annulation", en condamnant vivement des Occidentaux responsables selon Belgrade de l'amputation d'une partie de son territoire.

Par André BIRUKOFF

 "La Serbie ne reconnaîtra jamais l'indépendance du Kosovo", a déclaré le président Boris Tadic pratiquement au moment même où le Parlement kosovar votait par acclamation l'indépendance de la province du sud de la Serbie.

"La Serbie a réagi et réagira par tous les moyens pacifiques, diplomatiques et légaux pour annuler cet acte commis par les institutions du Kosovo", a-t-il ajouté.

De son côté, le Premier ministre Vojislav Kostunica s'est lancé dans une diatribe d'une rare violence contre le président américain George W. Bush et certains pays européens, principaux instigateurs, selon lui, de l'indépendance du Kosovo.

"Le président des Etats-Unis, qui est responsable de cette violence, de même que ses partisans européens, figureront dans l'Histoire de la Serbie en lettres noires", a-t-il martelé lors d'une intervention retransmise par les radios et télévisions serbes.

Les Etats-Unis, la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et l'Italie devraient être parmi les premiers à reconnaître le Kosovo indépendant.

M. Kostunica, de tendance nationaliste et l'un des plus farouches opposants à l'indépendance du Kosovo a souvent accusé les Etats-Unis de vouloir créer au Kosovo un "Etat-OTAN", en référence à la force de l'Alliance, la KFOR, qui est déployée au Kosovo depuis la fin du conflit de 1998-1999 entre les forces de Slobodan Milosevic et les séparatistes albanais.

C'est aussi l'OTAN qui a mené en 1999 une campagne de bombardements aériens sur la Serbie pour contraindre Belgrade à retirer ses forces du Kosovo.

"Aujourd'hui 17 février, l'Etat fantoche du Kosovo a été illégalement proclamé sur le territoire (de la Serbie) sous le contrôle de l'OTAN. Ce fut un acte de violence", a-t-il dit.

Même si depuis près de huit ans, la Serbie n'exerce plus aucun contrôle sur cette province du sud dont la population est à 90% albanaise, elle refuse de renoncer à sa souveraineté.

L'Union européenne (UE) qui, pour le président Tadic et plus de la moitié de ses compatriotes, reste un espoir de prospérité, a également pris aux yeux de la Serbie un visage hostile. Sa décision d'envoyer au Kosovo une mission pour accompagner l'indépendance a été abondamment dénoncée.

Des membres du gouvernement et du Parlement serbe se sont rendus dans la journée au Kosovo pour soutenir et assister la population serbe lors de la proclamation de l'indépendance par les Kosovars albanais.

La perte du Kosovo est d'autant plus douloureuse à admettre que cette région revêt pour un grand nombre de Serbes une dimension quasiment mythique. Elle est considérée depuis des générations comme le berceau de la culture et de la religion serbe.

Unis dans un même refus, les dirigeants serbes, l'Eglise orthodoxe serbe et l'héritier du trône de Serbie ont exhorté les Serbes du Kosovo à rester dans "leur" province, laissant entrevoir une possible sécession de sa partie Nord, majoritairement serbe.

Le président Tadic a toutefois souligné que tout recours à la force de la part de la Serbie avait été catégoriquement rejeté.

"La Serbie n'aura pas recours à la violence, et c'est l'unique approche que nous pouvons utiliser pour continuer notre lutte légitime pour préserver l'intégrité de notre pays", a souligné le président.

Le parlement serbe a adopté récemment un "plan d'action", dont les détails sont resté secrets. La Serbie ne devrait pas non plus avoir recours à un blocus économique contre un Kosovo indépendant.

Elle s'apprête toutefois à rappeler en consultation ses ambassadeurs en poste dans les pays qui reconnaîtront l'indépendance du Kosovo.

 

 

Dimanche 17 février 2008

Le Kosovo proclame l'indépendance

PRISTINA, Kosovo (Reuters) - Au prix d'une guerre, au terme d'une longue attente et avec le soutien des puissances occidentales, le Kosovo a proclamé son indépendance près de neuf ans après le début des bombardements de l'Otan contre la Serbie.

Par Shaban Buza

L'avènement du Kosovo indépendant referme un long chapitre du démantèlement de l'ex-Yougoslavie mais renforce une nouvelle ligne de front ethnique dans les Balkans.

Le Kosovo est "un Etat indépendant, souverain et démocratique", a déclaré le président du Parlement, Jakup Krasniqi, à l'issue de l'adoption, par l'ensemble des 109 députés présents, de la proclamation d'indépendance.

Onze membres de minorités ethniques, notamment des Serbes, étaient absents.

Le Premier ministre serbe, Vojislav Kostunica, a aussitôt après condamné dans une allocution télévisée "un faux Etat" promu illégalement par les Etats-Unis "prêts à violer l'ordre international dans leur propre intérêt militaire".

De son côté, la Russie, alliée de la Serbie et détentrice d'un droit de veto au Conseil de sécurité, a demandé des consultations à huis clos du Conseil de sécurité des Nations unies sur la proclamation unilatérale d'indépendance du Kosovo.

Une porte-parole de la représentation russe à l'Onu a déclaré que ces consultations devraient se tenir ce dimanche.

Moscou a fait savoir qu'il "soutient entièrement les revendications justifiées de la Serbie" concernant le rétablissement de l'intégrité territoriale du pays. Les Russes ont formulé l'espoir que des forces de l'Onu et de l'Otan prendraient "des mesures immédiates pour exécuter leur mandat (...) notamment en annulant les décisions des instances de Pristina".

La déclaration d'indépendance du Kosovo, peuplé à 90% d'albanophones, crée un risque d'escalade dans la violence ethnique et de nouveau conflit dans les Balkans, a souligné le ministère russe des Affaires étrangères.

A Washington, les Etats-Unis ont pris acte de la proclamation d'indépendance du Kosovo et salué l'engagement de son gouvernement à protéger les minorités ethniques en application des dispositions des Nations unies.

DERNIER ETAT

Le Kosovo sera "une société respectant la dignité humaine" et il est déterminé à faire face à "l'héritage douloureux du passé récent dans un esprit de réconciliation et de pardon", assure le texte lu au Parlement par le Premier ministre kosovar Hashim Thaci.

Après la Slovénie, la Croatie, la Macédoine, la Bosnie et le Monténégro, le Kosovo est le sixième Etat indépendant à s'extraire de l'orbite de Belgrade, le dernier à échapper à la Serbie.

Le Kosovo devient le 193e Etat indépendant au monde, mais la Serbie assure que grâce notamment au veto russe, il n'obtiendra jamais de siège aux Nations unies.

La minorité serbe du Kosovo a promis de ne jamais renoncer à cette terre où son histoire est millénaire et, rejetant l'indépendance, pourrait consacrer la partition de facto qui existe déjà entre le sud et le nord du Kosovo.

Moins de la moitié des 120.000 Serbes restés au Kosovo vivent dans le Nord, tandis que les autres sont éparpillés dans des enclaves protégées par la Kfor.

Cette dernière a promis de continuer à assurer la sécurité du Kosovo et a invité toutes les parties à faire preuve de retenue.

Le commandement des forces de l'Otan au Kosovo, le général français Xavier de Marnhac, a prévenu que la Kfor "répondrait et s'opposerait à toute provocation qui pourrait se produire pendant cette période, aussi bien de la part des Albanais que des Serbes".

L'UE a approuvé samedi l'envoi de l'"Eulex Kosovo", une force de police et de justice de 2.000 hommes, qui prendra le relais de l'Onu au terme d'une période transitoire de 120 jours suivant l'indépendance.

Version française Gregory Schwartz, Henri-Pierre André et Nicole Dupont

 

 

AFP - Mercredi 13 février, 15h37

Kosovo: le Parlement va changer sa procédure pour adopter les lois liées à l'indépendance

PRISTINA (AFP) - Le Parlement du Kosovo va approuver vendredi une procédure d'adoption rapide des lois liées à l'indépendance de la province serbe qui seront votées après la proclamation unilatérale devenue imminente, a indiqué son président.

Les députés vont décider de changer la procédure d'adoption des lois en vue d'approuver rapidement les textes prévus par le plan de l'envoyé spécial de l'ONU Martti Ahtisaari, qui préconise une indépendance du Kosovo sous "supervision internationale", a déclaré le président de l'assemblée Jakup Krasniqi.

La procédure va changer "pour que puissent être adoptées (plus rapidement) les lois prévues par le plan Ahtisaari", que les autorités kosovares se sont engagées à appliquer, a-t-il poursuivi.

M. Krasniqi avait auparavant annoncé que le Parlement se réunirait vendredi pour une session normale.

Il avait indiqué mardi à l'AFP que le Parlement n'adopterait pas les lois liées à l'indépendance avant la proclamation mais après. "Nous commencerons immédiatement à examiner les symboles, la Constitution et les lois. Cela commencera immédiatement après la déclaration d'indépendance", avait-t-il dit.

La réunion des députés vendredi interviendra alors que les autorités kosovares s'apprêtent à proclamer unilatéralement l'indépendance de cette province à majorité albanaise, probablement dimanche ou lundi, selon différentes sources à Pristina.

Le plan Ahtisaari, remis en mars 2007 au Conseil de sécurité de l'ONU avec le soutien des Occidentaux, avait été rejeté par Moscou, allié indéfectible de Belgrade dans son refus de l'indépendance de cette province.

Le projet, approuvé par le Parlement kosovar l'année dernière, préconise une "présence internationale à l'avenir" pour superviser et aider les autorités du Kosovo qui sera "une société multiethnique, se gouvernant de manière démocratique".

Il propose que la "protection des droits" des minorités se fasse grâce à des majorités qualifiées pour les "communautés non albanaises" sur certains textes, une "large décentralisation" donnant "à la communauté serbe du Kosovo un haut degré de contrôle sur ses propres affaires" et le droit au retour des réfugiés

Soucieux d'obtenir une reconnaissance rapide, le Premier ministre du Kosovo Hashim Thaçi a indiqué à plusieurs reprises que le processus menant à la déclaration d'indépendance était géré "en coordination" avec Washington et l'UE.

"Notre volonté d'(appliquer) le plan Ahtisaari sera exprimée par l'adoption des lois proposées par (ce) document", a dit M. Krasniqi.

La Russie et la Serbie, opposées à toute déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo, ont demandé une réunion d'urgence "dans les tout prochains jours" du Conseil de sécurité sur ce sujet, ont indiqué mercredi des sources russe et européenne.

 

 

Mardi 12 février, 21h09

Serbie : Belgrade prépare sa réponse à la proclamation d'indépendance du Kosovo

BELGRADE (AFP) - La Serbie, fermement soutenue par la Russie, mettait au point mardi les mesures destinées à répondre à la proclamation d'indépendance du Kosovo, attendue pour dimanche prochain dans cette province serbe peuplée en majorité d'Albanais.

Par Par Jovan MATIC

Quelques heures avant une réunion du Conseil de sécurité nationale serbe, le Premier ministre Vojislav Kostunica a haussé le ton, condamnant l'intention de "terroristes" de proclamer l'indépendance du Kosovo et réaffirmant que la Serbie "annulerait" cette proclamation par les dirigeants kosovars.

Le Conseil national de sécurité, qui groupe le président Boris Tadic, le Premier ministre, les ministres de la Défense et de l'Intérieur ainsi que les chefs des services de sécurité de l'armée et de la police, devait se réunir dans la journée pour examiner les mesures que la Serbie va prendre après la proclamation d'indépendance.

"Nous n'allons pas permettre un seul instant l'existence d'une telle création", a déclaré M. Kostunica avant cette réunion.

Le gouvernement serbe "annulera tout acte illégal" en rapport avec "une proclamation unilatérale d'indépendance de ce faux Etat sur le territoire serbe", a-t-il ajouté.

M. Tadic a appelé ses compatriotes à "la paix et la retenue (...) afin de permettre à l'Etat d'agir de manière responsable dans cette situation de crise".

Il a toutefois réitéré que la Serbie restait attachée à un rapprochement à l'Union européenne (UE), dont les principaux pays sont favorables à l'indépendance du Kosovo.

La veille, MM. Tadic et Kostunica avaient déjà annoncé que la Serbie annulerait toute proclamation d'indépendance après une rencontre avec le président du Parlement, Oliver Dulic, consacrée à la "réelle menace d'une déclaration illégale d'indépendance" du Kosovo.

Vendredi dernier, en marge de la conférence internationale sur la sécurité de Munich, le "Davos" de la défense, M. Tadic a déclaré que Belgrade allait, entre autres, déposer des plaintes devant des tribunaux internationaux et nationaux pour s'opposer à l'indépendance de la province du sud de la Serbie, administrée par l'ONU depuis la fin du conflit de 1998-1999.

Le ministre de l'Energie Aleksandar Popovic, proche de M. Kostunica, a déclaré que "tous les ministères serbes" étaient "prêts à activer leur plan d'action", mis au point en janvier par le gouvernement, si le Kosovo déclarait son indépendance.

"Pour des raisons compréhensibles", les détails de ce "plan d'action" sont un "secret d'Etat", a précisé M. Popovic.

Selon diverses supputations, le plan prévoirait notamment une révision des relations diplomatiques, voire même leur rupture, avec les pays qui reconnaîtraient le Kosovo indépendant.

En revanche, la Russie, alliée traditionnelle de la Serbie, a réaffirmé son soutien sans faille à Belgrade par la voix du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, en visite à Genève.

Une déclaration unilatérale de l'indépendance du Kosovo aboutirait à la "destruction" des principes du droit international en Europe et serait une menace pour la sécurité du continent, a estimé M. Lavrov.

"Cela affaiblirait les bases de la sécurité en Europe, cela affaiblirait les bases de la charte des Nations unies", a-t-il dit.

M. Lavrov a averti que l'indépendance du Kosovo provoquerait une "réaction en chaîne dans de nombreuses parties du monde, y compris en Europe".

Plusieurs pays de l'UE sont réticents face à l'imminente proclamation d'indépendance du Kosovo, et le gouvernement espagnol, qui fait lui-même face à des velléités indépendantistes au Pays Basque et en Catalogne, a réitéré mardi son opposition aux "déclarations unilatérales d'indépendance".

Selon différentes sources à Pristina, capitale du Kosovo, la proclamation d'indépendance devrait intervenir juste avant une réunion lundi des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne (UE), qui espère afficher une unité relative sur la séparation de la province, catégoriquement rejetée par la Serbie.

Les autorités kosovares se sont engagées à suivre le plan du médiateur de l'ONU, l'ex-président finlandais Martti Ahtisaari, qui préconisait une indépendance "sous supervision internationale". Ce plan, remis en mars 2007 au Conseil de sécurité de l'ONU avec le soutien des Occidentaux, avait été rejeté par Moscou, soutien indéfectible de Belgrade.

Le plan Ahtisaari préconise que le "Kosovo sera une société multiethnique, se gouvernant de manière démocratique".

Le projet, approuvé par le Parlement kosovar l'année dernière, mentionnait aussi le droit au retour des réfugiés et une "présence internationale à l'avenir" pour superviser et aider les autorités du Kosovo.

Soucieux d'obtenir une reconnaissance rapide, le Premier ministre du Kosovo Hashim Thaçi a indiqué à plusieurs reprises que le processus menant à la déclaration d'indépendance était géré "en coordination" avec Washington et l'UE.

 

 

Actualité 2007

 Samedi 29 décembre 2007

L'Europe embauche pour aller au Kosovo : Missions au Kosovo

Appel à candidatures pour la future mission de l’Union Européenne au Kosovo Recherche 9 experts pour l’Équipe de Planification du Bureau civil international au Kosovo (ICO/EUSR)

Appel à candidatures pour la future mission de l’Union Européenne au Kosovo

La France souhaite contribuer à la future mission de Politique Européenne de Sécurité et de Défense (PESD) au Kosovo et relaie à cette fin l’appel à candidature de l’Union Européenne auprès des professionnels de nationalité française.

Cette mission comportera 1 300 experts internationaux, issus des secteurs publics ou privés, dans quatre principaux domaines de compétence : la police, la justice, les douanes et l’administration. Après le premier appel à candidatures, encore 587 experts sont recherchés.

Plus précisément, dans le secteur de la police, il reste encore à pourvoir des postes de policiers aux frontières et dans les domaines de la protection des témoins et des unités d’intervention spéciale. Par ailleurs, la mission au Kosovo recherche 25 juges - notamment des juges spécialisés en droit civil et droit commercial - et 3 procureurs. Dans le domaine des douanes, 18 postes de customs monitor sont notamment vacants.

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/ministere_817/emplois-stages-concours_825/emplois-dans-les-organisations-internationales_4338/actualites_4340/missions-au-kosovo_55965.html 

 

 

Kosovo : devant le Conseil de sécurité, la Serbie et la Russie préviennent contre toute déclaration unilatérale d'indépendance

ONU - 19 décembre 2007 – Le président du Kosovo, province serbe administrée depuis 1999 par les Nations Unies, et le Premier ministre de la Serbie ont présenté aujourd'hui devant le Conseil de sécurité leurs opinions divergentes sur l'indépendance du territoire, divergences reflétées dans les positions des États-Unis et de l'Union européenne d'un côté et de la Russie de l'autre.

Prenant la parole à l'issue de la séance à huis close, le président du Kosovo, Fatmir Sejdiu, a remercié le Conseil d'avoir pu lui exposer sa position sur une question « d'un intérêt vital pour le Kosovo ».

« C'était l'occasion d'exprimer notre point de vue sur le présent comme sur l'avenir du Kosovo ». Nous sommes arrivés au terme d'un long processus avec la Troïka et le plan Ahtisaari où « toutes les possibilités d'arriver à un accord ont été épuisées », a-t-il déclaré.

« Il est très important que nous soyons engagés dans la formation d'un nouveau gouvernement démocratique capable de défendre les droits de toutes les communautés. Nous nous engageons à maintenir de bonnes relations dans notre région et à y préserver la stabilité», a-t-il ajouté.

« Nous espérons que dans un proche avenir nous pourrons établir également des relations amicales et de bon voisinage avec la Serbie, comme il a été proposé dans notre traité d'amitié et de coopération », a dit le président.

« L'avenir du Kosovo est orienté vers l'intégration européenne et atlantique. Et sur ces bases nous souhaitons élaborer de solides garanties pour toutes les communautés vivant au Kosovo », a dit Fatmir Sejdiu, qui a salué les efforts de l'ONU et de l'Union européenne.

Le président du Kosovo a dit que son peuple ne « pourrait oublier les exactions qui ont été commises à son encontre », mais qu'il souhaitait avoir de « bonnes relations avec le peuple Serbe et tous les peuples de la région ».

En réponse à une question, Fatmir Sejdiu a affirmé être « prêt à prendre des mesures en vue de la déclaration de l'indépendance du Kosovo, aux côtés de ses amis. L'indépendance du Kosovo n'est pas dirigée contre quiconque », a-t-il déclaré.

Pour sa part, le Premier ministre de la Serbie, Vojislav Ko?tunica, a affirmé que devant le Conseil de sécurité son pays avait « une fois de plus défendu avec fermeté son intégrité territoriale et sa souveraineté ».

« Ce faisant, la Serbie a défendu des principes fondamentaux de l'ordre international, y compris de la Charte des Nations Unies ». Il s'agit aussi de l'intégrité de la résolution 1234 (1999) sur le Kosovo, a-t-il expliqué.

« Il s'agissait donc d'une plaidoirie pour la paix et la stabilité dans le monde », a-t-il affirmé.

« La Serbie a aussi défendu l'idée de négociations pour résoudre les conflits », a-t-il dit, ajoutant que le Conseil de sécurité devrait diriger ses efforts vers la réalisation d'un compromis.

Vojislavostunica s'est dit « encouragé » d'entendre des voix en faveur de la défense de ces principes ; mais il a dit aussi avoir entendu « les États-Unis et l'Union européenne se prononcer contre eux et pour l'arrêt des négociations ».

« Si les négociations sont épuisées, on pourrait faire quelque chose au moins sur le terrain. Or une mission de l'Union européenne est aussi une violation de la résolution 1234 ». « Le plan Ahtisaari est mort », a-t-il ajouté, en référence au plan de l'Envoyé de l'ONU qui prévoyait d'abord des institutions nouvelles et des pouvoirs internationaux accordés à la province serbe administrée par les Nations Unies depuis 1999 et ensuite un calendrier pour y parvenir (dépêche du 2.02.2007).

Il a aussi dénoncé l'« annonce d'une déclaration unilatérale d'indépendance ou d'une 'annonce coordonnée' » du Kosovo. « Cette annonce augurerait d'une crise grave pour le monde, ouvrant une nouvelle ère dans les relations internationales », a-t-il affirmé.

Le Premier ministre serbe a annoncé qu'en cas de déclaration unilatérale d'indépendance, la Serbie considèrerait que cette annonce serait « nulle et non avenue » en vertu de la Charte des Nations Unies, et de la résolution 1234 et continuerait à considérer que ce territoire comme faisant partie du sien ».

Interrogé sur le recours éventuel à la force, Vojislav Kostunica a écarté cette option, affirmant que « la défense du droit international était bien plus efficace que la guerre », et évoquant des recours juridiques contre les pays défendant l'indépendance unilatérale du Kosovo.

Interrogé enfin sur la possibilité « d'accueillir le Kosovo et la Serbie comme deux Etats indépendants au sein de l'Union européenne », Vojislav Kostunica a fait observer que « cette option ouvrirait la porte à de nombreuses demandes similaires d'indépendance de la part des minorités au sein des Etats membres de l'Union européenne, qui est elle-même fondée, comme l'ONU, sur le respect des frontières existantes et de l'intégrité territoriale des Etats ».

Devant la presse, le représentant des Etats-Unis a rappelé que « le plan Ahtisaari n'avait pu être approuvé en raison notamment de l'opposition de la Russie. Une nouvelle période de négociation est parvenue à la même conclusion, à savoir que les parties n'étaient pas capables de se mettre d'accord sur une position commune », a-t-il estimé.

« En conséquence, nous estimons que la situation n'est pas durable. La Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) a été créée pour un an ; elle existe depuis 8 ans ».

Zalmayhalizad a donc affirmé avoir « demandé une fois de plus à la Russie d'approuver le plan Ahtisaari avec l'assentiment du Conseil de sécurité », estimant que la résolution 1234 n'empêchait pas la mise en oeuvre du plan Ahtisaari.

Enfin, le représentant de la Fédération de Russie, Vitaly Churkin s'est, lui, déclaré « optimiste et confiant sur le fait que les négociations pourraient continuer ».

« La Troïka a réussi à rapprocher les parties sur presque tous les points, sauf sur la souveraineté », a-t-il rappelé.

La Fédération de Russie a donc proposé un nouveau projet de résolution prévoyant une « feuille de route » pour encourager les négociations, a-t-il annoncé, réitérant que toute déclaration d'indépendance unilatérale serait « contraire au droit international ».

 

 

Vendredi 14 décembre, 19h02

La mission de l'UE au Kosovo est "inacceptable", dit Kostunica

BELGRADE (Reuters) - L'envoi d'une force civile de police de l'Union européenne au Kosovo créera un "État fantoche" en territoire serbe, a estimé le Premier ministre serbe, Vojislav Kostunica.

"Il est inacceptable de parler du Kosovo, province de Serbie, comme d'un futur Etat", a-t-il dit dans un communiqué.

Il a également rejeté la proposition de l'UE de permettre à la Serbie d'avancer rapidement dans son processus d'intégration à l'Union, estimant que c'était là une "insulte" faite à son pays.

"Il est tout particulièrement insultant d'offrir à une Serbie mutilée la récompense d'une voie rapide vers l'UE, en échange de son assentiment à la violence", a-t-il ajouté.

Selon lui, la reconnaissance de l'indépendance du Kosovo constituera le précédent le plus dangereux depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les dirigeants de l'UE sont convenus vendredi d'envoyer une mission de police civile au Kosovo à l'approche de la proclamation d'indépendance, qui devrait intervenir début 2008.

Kostunica renchérit par ses propos sur ceux de son ministre des Affaires étrangères, Vuk Jeremic, lequel déclarait, en milieu de journée, que la Serbie n'accepterait jamais de renoncer au Kosovo en échange de la promesse d'une accélération des négociations d'adhésion à l'Union européenne.

"Un marchandage est hors de question", déclarait le chef de la diplomatie serbe devant la presse."Ce serait une proposition indécente et les dirigeants européens sont des gens décents, ils n'ont pas fait une telle offre", a-t-il ajouté.

Elie Tzotzi, version française Eric Faye

 

 

 Vendredi 14 décembre, 19h50

Kosovo: l'UE annonce l'envoi d'une mission mais ne parle pas d'indépendance

Par Catherine TRIOMPHE AFP -

BRUXELLES (AFP) - Les dirigeants européens ont décidé vendredi d'envoyer une importante mission de police et justice au Kosovo, mais se sont gardés de dire s'ils reconnaîtraient une déclaration unilatérale d'indépendance de cette province de Serbie qu'ils jugent pourtant inéluctable début 2008.

"Nous avons pris la décision politique d'envoyer une mission au Kosovo", a annoncé le Premier ministre portugais José Socrates, dont le pays préside l'Union européenne jusqu'au 31 décembre, après un sommet européen à Bruxelles.

"C'est le plus clair signal que l'UE entend jouer un rôle moteur sur l'avenir du Kosovo et sur son statut", a-t-il ajouté.

M. Socrates n'a pas précisé quand cette mission - qui doit comporter quelque 1.800 policiers et juristes européens, appelés à épauler police et justice kosovares - pourrait partir dans la province serbe à majorité albanaise, gérée par l'ONU depuis 1999.

Selon la chancelière allemande Angela Merkel, elle partira "le plus tôt possible, en consultation avec l'ONU".

Le déploiement de la mission nécessite encore le feu vert des ministres européens des Affaires étrangères. Leur prochaine réunion a lieu le 28 janvier.

L'UE devait envoyer cette mission l'été dernier dans le cadre d'un accord au Conseil de sécurité de l'ONU sur une indépendance surveillée du Kosovo. Mais l'accord a été bloqué par la Russie qui soutient fermement le refus de la Serbie de perdre le Kosovo.

En revanche, M. Socrates n'a rien dit sur la reconnaissance par l'UE d'une déclaration d'indépendance du Kosovo, jugée inéluctable par les diplomates occidentaux début 2008.

"Ce que nous faisons en ce moment c'est d'engager des négociations au Conseil de sécurité de l'ONU", a-t-il simplement indiqué.

Le statut du Kosovo doit être discuté au Conseil de sécurité mercredi.

Tout le monde s'attend à ce que la Russie bloque encore tout projet de résolution ouvrant la porte à l'indépendance. Les Européens espèrent néanmoins trouver un autre moyen de faire légitimer leur intervention par l'ONU, dans le cadre de la résolution 1244 en vigueur.

C'est cette résolution qui a confié la gestion du Kosovo à l'ONU, retirant de facto à la Serbie sa tutelle après les exactions menées par les forces armées serbes contre la population majoritairement albanaise.

Outre la Russie, quelques pays européens, à commencer par Chypre, contestent la possibilité d'envoyer une mission au Kosovo sans nouvelle résolution, comme l'a expliqué le président chypriote Tassos Papadopoulos.

L'opposition de Nicosie tient à son problème particulier avec Chypre Nord qui a déclaré unilatéralement en 1983 une indépendance reconnue uniquement par la Turquie.

Ces divergences persistantes expliquent pourquoi les Européens n'ont rien dit dans leur déclaration finale sur l'indépendance du Kosovo, qu'une vingtaine de pays sont prêts à reconnaître et dont ils négocient les conditions avec les dirigeants kosovars.

Leur prudence tient aussi au souci de ménager la Serbie, dont la stabilité est jugée essentielle pour la stabilité des Balkans.

Ils veulent éviter de ruiner les chances du président serbe pro-européen Boris Tadic, candidat à sa réélection le 20 janvier, face à des nationalistes que la perspective d'une perte du Kosovo a renforcés.

L'UE a souligné vendredi que la "progression" de la Serbie "vers l'UE peut être accélérée", tout en encourageant Belgrade à remplir "les conditions nécessaires" à la signature d'un accord d'association.

Première étape vers une adhésion à l'UE, la signature de cet accord est bloquée par des efforts serbes jugés encore insuffisants par le procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie pour arrêter Ratko Mladic, l'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie inculpé de génocide.

Selon le ministre tchèque des Affaires européennes Alexandr Vondra, "une majorité de pays" --Pays-Bas exceptés-- pousse néanmoins à une signature fin janvier.

Au sommet de Bruxelles, un groupe de réflexion sur l'avenir de l'UE a aussi été créé. Mais les avis divergent déjà entre les pays qui, comme la France opposée à l'adhésion de la Turquie, entendent que la question des frontières soit discutée et ceux qui refusent.

 

 

Par Sylvie LANTEAUME AFP - Jeudi 27 septembre, 10h35NEW YORK (AFP) 

Onu: négociations de la dernière chance sur le Kosovo à New York

La communauté internationale se retrouve une nouvelle fois au chevet du Kosovo jeudi à New York, pour des négociations de la dernière chance sur le futur statut de la province indépendantiste serbe.

Les ministres des Affaires étrangères du groupe de contact sur le Kosovo (France, Royaume-Uni, Allemagne, Russie, Italie, Etats-Unis) doivent se réunir en début de soirée au siège de l'ONU pour tenter de surmonter leurs divisions et préparer le terrain à des pourparlers directs entre Serbes et Kosovars le lendemain, également à New York.

Cette intense activité diplomatique intervient alors que la tension monte sur le terrain: une explosion a fait deux morts et 11 blessés lundi à Pristina, capitale de la province peuplée à 90% d'Albanais et administrée par l'ONU depuis la fin du conflit de 1998-1999.

La Russie, alliée des Serbes qui refusent toute indépendance, bloque tout effort à l'ONU pour transformer en résolution les recommandations du médiateur de l'ONU Martti Ahtisaari, lequel a recommandé une indépendance surveillée.

Le Kosovo ayant menacé d'auto-proclamer son indépendance, évoquant même la date du 28 novembre, fête nationale de l'Albanie voisine, le groupe de contact a chargé en août une troïka, composée du représentant de l'Union européenne (UE) l'Allemand Wolfgang Ischinger, de l'Américain Frank Wisner et du Russe Alexandre Botsan-Khartchenko, de mener d'ultimes négociations jusqu'à début décembre.

Les Etats-Unis ont fait savoir publiquement qu'ils reconnaîtraient unilatéralement une indépendance auto-proclamée du Kosovo si le Conseil de sécurité ne parvenait pas à un consensus à cette date. Si le Kosovo s'auto-proclame indépendant, "nous reconnaîtrons l'indépendance du Kosovo de même que, je suppose, d'autres le feront parce que c'est la seule issue pour les Balkans", a déclaré récemment Kurt Volker, sous-secrétaire d'Etat adjoint aux Affaires européennes, dans un entretien avec l'AFP.

Washington tente de convaincre les Européens d'en faire autant. Le numéro trois du département d'Etat, Nicholas Burns, a ainsi évoqué le Kosovo avec la ministre grecque des Affaires Etrangères, Dora Bakoyannis, lundi à New York. "Nous avons parlé du Kosovo et de la coopération entre la Grèce et les Etats-Unis pour trouver ensemble une solution qui soit bonne pour les Balkans et pour l'Europe", a déclaré M. Burns à l'issue de cet entretien au siège de l'ONU.

Mais le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a prévenu qu'une reconnaissance unilatérale de l'indépendance du Kosovo risquait de provoquer une "réaction en chaîne" dans le monde.

Le président français Nicolas Sarkozy s'est prononcé pour "une indépendance supervisée par la communauté internationale, garante des droits de minorités et accompagnée par l'Union européenne".

 

 

Mardi 25 septembre, 07h30NEW YORK (Reuters)

Seul un Kosovo indépendant peut stabiliser les Balkans, prétend Rice

(titre de Paixbalkans.org)

Seule l'indépendance du Kosovo peut apporter la stabilité dans les Balkans, et l'Europe doit, à l'image des Etats-Unis, soutenir l'idée d'un Kosovo souverain, a déclaré lundi la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice.

Dans une interview à Reuters, elle a estimé que les négociations parrainées par l'Union européenne, la Russie et les Etats-Unis avaient des chances de déboucher sur une "issue à l'amiable", même si les dirigeants albanais du Kosovo et la Serbie ne s'entendent pas sur le statut définitif de la province.

"Mais il y aura un Kosovo indépendant. Nous nous y consacrons. C'est la seule solution susceptible de stabiliser les Balkans plutôt que de les déstabiliser", a-t-elle estimé.

A la question de savoir comment elle s'attend à ce que le statut définitif du Kosovo soit défini, elle répond ainsi: "Je pense que cela rassemblera les Etats-Unis et l'Europe".

"Les Européens(...)savent en définitive que les Balkans sont bien plus près du reste de l'Europe que des Etats-Unis, et s'ils veulent des Balkans stables, ils vont devoir prendre les décisions difficiles et faire ce qui est juste".

L'UE est divisée sur la question de l'indépendance du Kosovo; un petit groupe de pays membres, ayant eux-mêmes des problèmes avec leurs minorités, ne tient pas à reconnaître la souveraineté de la province sans une résolution des Nations unies en ce sens.

Parmi ces pays figurent la Slovaquie, la Roumanie, Chypre, la Grèce et, dans une moindre mesure, l'Espagne. Mais, le 6 septembre, les ministres des Affaires étrangères de l'UE sont convenus de rester unis et d'oeuvrer à une position commune sur le Kosovo, en estimant que la crédibilité de la politique extérieure de l'UE était en jeu dans ce dossier.

 

 

AFP - Lundi 24 septembre, 12h10

Kosovo: deux morts et onze blessés dans une explosion

PRISTINA (AFP) - Une explosion a fait deux morts et 11 blessés lundi à Pristina, capitale du Kosovo, accentuant la tension avant une rencontre de haut niveau entre Serbes et Kosovars pour trouver un compromis sur le statut définitif de la province administrée par l'ONU.

L'attentat a eu lieu très tôt lundi matin dans un immeuble de l'avenue Bill Clinton, la principale artère de la ville où plusieurs bars et restaurants étaient encore ouverts.

"Nous ne savons pas encore quelle sorte d'explosifs a causé l'explosion ni qui se cache derrière elle", a confié le porte-parole de la police, Veton Elshani.

La police, aidée par des membres de la Force de l'Otan au Kosovo (KFOR), a rapidement bouclé la zone jonchée de bris de verre et où une douzaine de véhicules ont été endommagés.

L'avenue était toujours interdite à la circulation dans la matinée et des unités de la KFOR et de la police perquisitionnaient en divers endroits à la recherche d'éventuels engins explosifs.

"L'explosion a retenti comme le tonnerre (...) j'ai eu l'impression que Pristina s'effondrait", a rapporté un témoin à l'AFP. Elle s'est produite dans un immeuble en partie occupé par les bureaux d'un homme d'affaires kosovar controversé, Enver Sekiraca.

"Il n'y a pas la moindre indication selon laquelle cette explosion serait liée au processus en cours au Kosovo", a dit à l'AFP Avni Arifi, porte-parole du gouvernement, dans une allusion aux négociations sur le statut définitif de la province administrée par l'ONU depuis la fin du conflit de 1998-1999.

"Cette explosion est inquiétante (...) Nous espérons tous que ce n'est pas une attaque terroriste", a déclaré le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Terry Davis, dans un communiqué.

"Le gouvernement du Kosovo condamne fermement cet acte criminel (...) et réaffirme son engagement à lutter contre le crime et à créer un environnement pacifique", a souligné M. Arifi.

L'attentat a eu lieu tandis que Serbes et Kosovars albanais doivent se rencontrer à New York vendredi pour un premier face-à-face depuis la reprise fin août des discussions sur le statut de la province.

Les négociations se déroulent sous l'égide d'une troïka composée d'un Américain, d'un Russe et d'un représentant allemand et s'efforçant de trouver un compromis entre Albanais du Kosovo qui réclament l'indépendance et Serbes qui s'y opposent farouchement.

Elles ont été décidées après que la Russie, l'allié traditionnel de la Serbie, a fait échouer l'adoption d'une résolution au Conseil de sécurité favorable à une indépendance surveillée du Kosovo, telle que préconisée par le médiateur de l'ONU Martti Ahtisaari après plus d'un an de négociations sans résultat entre Serbes et Kosovars.

L'Union européenne souhaite que la mission de la troïka s'achève le 10 décembre, les trois médiateurs devant alors remettre un rapport au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon.

Les dirigeants albanais du Kosovo ont indiqué à diverses reprises qu'ils proclameraient l'indépendance si aucun compromis n'était trouvé avant cette date.

Des élections législatives et municipales doivent avoir lieu au Kosovo le 17 novembre mais le représentant de l'ONU dans la province, Joachim Rucker, qui en a fixé la date a déclaré qu'elles pourraient être repoussées en cas d'instabilité.

 

 

Le statut du Kosovo devra se régler devant l'Onu, dit Belgrade

Par David Brunnstrom Reuters - Mercredi 12 septembre, 17h12

BRUXELLES (Reuters) - Le Premier ministre serbe Vojislav Kostunica affirme que la question du futur statut du Kosovo ne peut se régler que devant le Conseil de sécurité des Nations unies et invite les pays occidentaux à ne pas encourager l'indépendance de la province.

Kostunica a assuré que Belgrade se voulait constructif dans les négociations ouvertes il y a deux semaines avec les Kosovars albanais mais n'a donné aucun détail sur l'évolution des discussions.

"Nous sommes convaincus que les Nations unies et le Conseil de sécurité sont les seules institutions où peut se régler le problème du futur statut du Kosovo", a-t-il déclaré après un entretien à Bruxelles avec le porte-parole de la diplomatie européenne, Javier Solana.

"Toute autre chose s'apparente à une violation du droit international", a ajouté le chef du gouvernement serbe.

Plus tard, lors d'une conférence de presse avec des responsables de la Commission européenne, il a estimé que l'indépendance du Kosovo "menacerait gravement la stabilité et la paix, et pas seulement dans l'ouest des Balkans".

"Cela ne serait pas seulement néfaste pour les pays qui finiraient par reconnaître cette indépendance mais aussi pour de nombreux autres pays, de nombreuses autres régions (...) On ne peut pas se permettre de violer la charte des Nations unies dans un cas et pas dans d'autres", a-t-il dit.

La Russie, alliée de la Serbie, a menacé en juin d'user de son droit de veto au Conseil contre une résolution ouvrant la voie à une indépendance du Kosovo sous la supervision de l'UE.

Moscou insiste pour que rien ne soit imposé à Belgrade sur le statut de la province placée depuis huit ans sous l'administration des Nations unies.

DÉCLARATION UNILATÉRALE "PLUS QUE DANGEREUSE"

Les dirigeants de la majorité albanophone du Kosovo (90% de la population) affirment quant à eux qu'ils déclareront l'indépendance de manière unilatérale si la médiation internationale de la troïka (UE, Russie, États-Unis) échoue.

Les négociations doivent durer jusqu'au 10 décembre, date à laquelle la troïka présentera un rapport au secrétariat général de l'Onu.

Récemment, un membre du gouvernement serbe aurait laissé entendre que Belgrade serait prêt à déployer des forces au Kosovo au cas où Pristina déclarerait son indépendance.

Kostunica a assuré que ces propos avaient été mal interprétés mais il a prévenu que toute proclamation unilatérale serait "plus que dangereuse".

"Nous sommes persuadés que la communauté internationale et les institutions, l'Union européenne, devraient mettre en garde contre la diffusion de tels messages durant les négociations et même en dehors", a ajouté Kostunica.

Javier Solana a déclaré que l'Union faisait tout son possible pour la conclusion d'un accord et affirmé que les trois puissances de la troïka s'étaient engagées à s'abstenir de tout pronostic pendant les négociations.

Le diplomate européen a noté son désaccord avec la partie serbe sur l'appel de Belgrade au boycottage par la minorité serbe du Kosovo des élections législatives et locales programmées dans la province le 17 novembre. Solana a dit toujours souhaiter la participation de tous les électeurs.

Les Serbes du Kosovo ont participé aux premières élections législatives conduites sous l'égide de l'Onu mais boycotté les deuxièmes à l'appel de la Serbie.

 

 

 

Vendredi 7 septembre, 08h02

L'idée d'une partition du Kosovo s'invite à la table de l'UE

Par Yves Clarisse Reuters - 

BRUXELLES (Reuters) - L'hypothèse d'une partition du Kosovo devrait s'immiscer ce vendredi dans le débat des ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept face au blocage des négociations entre Serbes et albanophones.

Les chefs de la diplomatie européenne, qui effectuent leur rentrée lors d'une réunion informelle à Viana do Castelo, dans le nord du Portugal, réitéreront leur espoir de voir aboutir les pourparlers qui se déroulent en ce moment à Vienne après l'échec des discussions pour un accord au sein des Nations unies.

Mais aucun diplomate ne croit au succès de ce processus imposé par la Russie, qui refuse toute idée d'indépendance de cette province peuplée à 90% d'albanophones, avant ou même après la date-butoir fixée au 10 décembre.

La Serbie y est vivement hostile et souhaite garder le Kosovo dans son giron tout en accordant une autonomie élevée aux albanophones qui ont été protégés par l'Otan lors de l'opération militaire qui a entraîné en 1999 la chute de Slobodan Milosevic.

Le Premier ministre kosovar Agim Ceku ne cesse de rappeler que son objectif est d'accéder à la souveraineté avant la fin de l'année, quitte à proclamer l'indépendance unilatéralement.

Une telle hypothèse fait frémir les Européens.

Les Etats-Unis ne font guère mystère de leur intention de reconnaître le nouvel Etat, ce qui ne manquerait pas de diviser profondément l'Union européenne en deux camps.

Si cette dernière soutient le plan de Martti Ahtisaari, l'émissaire de l'Onu au Kosovo qui préconise que cette province serbe devienne indépendante sous supervision de l'UE, elle redoute une déclaration unilatérale kosovare.

L'Espagne et la Hongrie craignent par exemple que leurs propres minorités y voient un précédent pour revendiquer elles aussi leur indépendance par rapport à l'Etat central.

LA RUSSIE PAS OPPOSÉE À LA PARTITION

Les Européens, qui fournissent l'essentiel de la force de maintien de la paix de l'Otan, estiment en outre que ses 16.000 hommes pourraient être pris entre le marteau et l'enclume.

D'un autre côté, le gel du conflit n'est pas considéré comme une solution tenable à long terme avec des Albanais de souche qui risquent de s'en prendre aux Serbes qui restent.

C'est pourquoi l'hypothèse de la partition gagne en ce moment du terrain, même si les diplomates restent prudents.

L'Allemand Wolfgang Ischinger, qui représente les Européens dans la "troïka" de diplomates venus des Etats-Unis, de Russie et de l'Union européenne, n'a pas exclu cette solution en cas de désaccord persistant entre Serbes et albanophones.

"La troïka doit, dans son principe, être prête à avaliser tout accord auquel les parties réussiront à souscrire. Ce